Dans son allocution à l’estrade de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies à New-York (USA), le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a fustigé le mutisme de la communauté internationale par rapport aux crimes commis pour des visées économiques.
Le Chef de l’Etat congolais a rappelé que des milliers de victimes du génocide pour des gains économiques en République Démocratique du Congo (GENOCOST) continuent de subir les conséquences dévastatrices d’un passé marqué par la violence et l’impunité.
« Reconnaître et traiter les effets de cette tragédie est crucial pour favoriser le rétablissement et la reconstruction des communautés touchées », a souligné le Président Félix Tshisekedi pour qui, au-delà de l’aide humanitaire immédiate, une approche à long terme centrée sur la justice, la réconciliation et le développement durable est essentielle pour permettre aux victimes de se reconstruire et de retrouver une vie digne.
C’est dans cette optique que le gouvernement de la République Démocratique du Congo a décidé d’institutionnaliser la journée du 2 août, journée du GENOCOST, dédiée aux victimes des crimes odieux perpétrés par des rebelles soutenus par des multinationales et des Etats de la région.
En effet, pour les autorités congolaises, cette journée qui incarne une communion nationale, permettant de confronter un passé douloureux pour aller de l’avant, est essentielle pour renforcer la conscience historique du pays et affirmer la détermination de la nation à prévenir la répétition de « telles barbaries ».
« Le terrorisme constitue une menace sérieuse pour la paix et la sécurité internationales, touchant toutes les régions du monde. Après avoir sévi en Asie, en Europe occidentale et en Amérique du Nord, ce fléau semble désormais s’enraciner en Afrique », a-t-il préconisé.
Qui plus est, le Président de la RDC, membre de la coalition mondiale contre l’Etat islamique, exhorte les Nations Unies à intensifier leurs actions pour mettre en œuvre les recommandations de cette organisation, notamment dans le cadre du processus d’Aqaba.
Dans l’est de la République démocratique du Congo, le terrorisme qui sévit dans le Nord-Kivu et l’Ituri avec la présence des ADF, est étroitement lié au pillage et à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Ces activités criminelles alimentent l’insécurité et financent des groupes armés, exacerbant les conflits dans la région des Grands Lacs.
« Par conséquent, il est impératif que les Nations Unies envisagent des sanctions sévères contre les acteurs responsables de ces crimes économiques, afin de briser ce cercle vicieux et de favoriser la paix, le développement durable, et la dignité humaine pour les générations futures », a-t-il conclu.
Quid le Genocost?
Le GENOCOST est une initiative lancée par la plateforme d’actions de jeunes Congolais (CAYP) pour obtenir la reconnaissance officielle du génocide contre la population de la RDC. Ce terme est une contraction de « génocide » et « coût », pour souligner la nature économique du génocide en RDC, lié à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
La date du 2 août a été choisie comme journée de commémoration en souvenir de toutes les victimes de l’histoire violente du Congo.
En effet, le 02 août marque le début de la deuxième Guerre du Congo, aussi mentionnée comme la Guerre mondiale africaine. Ce jour-là en 1998 la rébellion Banyamulenge connue comme le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (la RCD) attaquât la ville de Goma avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda. Ce fut le début du conflit le plus mortel depuis la deuxième fuerre mondiale.
Des millions de Congolais payent à nouveau de leurs vies à cause de l’exploitation du Coltan, de l’Or et d’autres ressources naturelles. Mais, bien que de plus en plus de personnes aient accès à internet et aux moyens de communication modernes, on en sait très peu sur ce conflit. Un conflit alimenté par la demande du monde de l’électronique : tous les téléphones et ordinateurs portables dans le monde contiennent un morceau du Congo.
D’après certaines estimations, plus de 6 millions de personnes ont été tuées et des millions de congolais sont devenus les sujets d’un viol systématique, de mutilationales et d’autres formes de violences qui leur étaient infligées. Quoique la Guerre soit officiellement terminée en 2003, les congolais continuent d’être tués, enlevés et violés par des milices dans l’Est du pays.
La première commémoration officielle a eu lieu le 2 août 2023, suite à l’adoption d’une loi en décembre 2022 instaurant cette journée avec pour objectifs de rendre hommage aux victimes, sensibiliser l’opinion nationale et internationale, et plaider pour une reconnaissance officielle du génocide congolais afin d’obtenir justice et réparation.




















































