Jusques à quand les différentes initiatives de lutte contre la corruption porteront-elles leurs fruits en République démocratique du Congo ? La question mérite d’être posée tant ce grand pays, au cœur de l’Afrique perd chaque année plusieurs milliards de dollars américains suite à des pratiques de corruption, détournement et autres malversations financières.
Ce 13 septembre, l’Observatoire de la Dépense Publique ( ODEP) a déploré les conséquences désastreuses de la corruption sur les efforts déployés pour le développement du pays. A l’en croire, la corruption, qu’il qualifie de « cancer », mine toute l’économie du pays.
« Il n’est un secret pour personne que la RDC figure parmi les pays les plus corrompus de la planète terre. Les détournements se comptent en millions de dollars. C’en est trop. Le développement du pays s’en trouve sérieusement hypothéqué », s’est exclamé Florimond Muteba, président du Conseil d’administration de l’ODEP, pour qui la lutte contre la fraude, le détournement et la corruption demeure encore un défi à relever par la RD Congo dans la recherche de son développement.
Dans une déclaration, le PCA de l’ODEP, paraphrasant le Rapport de Transparency International de 2021 cité dans la Stratégie de lutte contre la corruption de l’APLC, rappelle que la RDC est placée 169ème sur 180 pays examinés, avec un indice de perception de corruption de 1.9/10 soit le 11e pays perçu comme le plus corrompu au monde.
Soutien aux actions de la Cour des Comptes
Pour pallier cette situation qui annihile tous les efforts déployés pour le développement, l’ODEP plaide pour le renforcement des pouvoirs de contrôle de la Cour des comptes afin de lui permettre de lutter plus efficacement contre la corruption et les anti-valeurs.
En outre, l’ODEP a recommandé:
- L’extension de la compétence de la Cour des comptes en matière de discipline budgétaire aux ordonnateurs politiques notamment les Ministres des Gouvernements et les Gouverneurs des Provinces, ce qui implique la modification de l’article 32 de la loi organique de la Cour des comptes ;
- La reconnaissance explicite du pouvoir de la Cour des comptes de saisir directement les comptes bancaires des personnes auteurs des irrégularités graves constatées lors de ses contrôles et leur interdiction de sortir du territoire national jusqu’à la clôture de leurs dossiers, sans passer par leurs supérieurs hiérarchiques, ce qui requiert la modification de l’article 39 de la loi organique de la Cour des comptes ;
- L’habilitation de la Cour des comptes, en plus de la condamnation aux amendes, à ordonner la confiscation et la restitution aux entités publiques victimes, des fonds ou des biens subtilisés suite à une faute de gestion, ce qui passe par la modification de l’article 136 de la même loi ;
- La transmission obligatoire et automatique à la Cour des comptes de tout contrat de marché public signé tant au niveau du pouvoir central, des provinces que des entreprises du portefeuille et des établissements publics, ce qui nécessite une modification de l’article 28 de la même loi.
Par ailleurs, cette structure a sollicité l’implication du Président de la République et des parlementaires dans la lutte contre la corruption, en facilitant la révision de certains articles de la loi organique de la Cour des comptes dans le sens souhaité par son Premier président.
« Dans cette lutte, la Cour des comptes, en tant qu’institution supérieure de contrôle des finances et des biens publics en République Démocratique du Congo, a inévitablement un rôle crucial à jouer; d’où la nécessité impérieuse de renforcer son arsenal répressif », a déclaré Florimond Muteba.
Cette position fait suite au discours prononcé par le Premier président de la Cour des comptes lors de l’audience solennelle de rentrée judiciaire pour l’année judiciaire 2024-2025, au Palais du Peuple.
Dans son harangue, le Premier Président de cette institution supérieure de contrôle des finances publiques avait plaidé pour le renforcement des pouvoirs de cette institution afin de lui permettre de lutter plus efficacement contre la corruption et toutes les antivaleurs qu’elle traîne derrière elle.




















































