La République démocratique du Congo fait face à la dépendance extérieure pour combler son déficit énergétique. C’est qu’a révélé le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Teddy Lwamba Muba, au cours d’une conférence de presse co animée avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
En effet, le ministre Teddy Lwamba a de prime abord relevé que l’histoire de la production de l’électricité de la RDC s’est arrêtée en 1982. Cette situation s’explique aussi par le décalage entre la libéralisation du secteur minier en 1997 et celui de l’électricité 17 ans plus tard, soit en 2014.
Depuis lors, la RDC est contrainte d’importer l’électricité notamment de la Zambie, de l’Angola, de l’Éthiopie, du Congo Brazzaville et même de la Centrafrique alors que la demande ne cesse considérablement d’augmenter.
« Le temps s’est arrêté, avec Inga 2, il n’y a plus eu de projet. Ce qui était intéressant, c’est qu’à l’époque cette production de l’électricité suffisait aux besoins. La Gecamines, du haut de sa gloire, pouvait consommer 500 mégawatts et le reste qui était renvoyé à la ligne Inga-Shaba pouvait être exporté vers les pays étrangers. En 1997, il y a eu la libéralisation du secteur minier et ce boom-là a renversé la tendance, ce qui a fait que le besoin en électricité s’est accru. On s’est rendu compte qu’on n’a pas libéralisé le secteur de l’électricité au même moment que le secteur minier. Nous avons été très vite rattrapés par le temps, et en 2014, on a vite libéralisé le secteur qui malheureusement aujourd’hui boite encore un tout petit peu. C’est pour vous dire qu’aujourd’hui, nous n’exportons rien et pourtant nous importons. La Zambie d’hier qui recevait de l’électricité de chez nous , nous recevons d’elle 250 mégawatts », a explicité l’ancien directeur général adjoint de la Société nationale de l’électricité ( SNEL), balayant ainsi les rumeurs autour de l’exportation d’électricité du pays.
En outre, il a souligné que la dépendance aux importations d’électricité risque d’avoir des conséquences graves pour l’économie qui fait déjà face aux chocs endogènes et exogènes. A titre d’exemple, le ministre a rappelé que pour le seul cas de la Zambie, les 250 mégawatts injectés en appui au secteur minier génère 8 milliards de dollars américains sur le PIB de la RDC.
« Ça veut que si nous n’avons pas ça , l’économie va tousser. C’est-à-dire, nous devons très vite agir pour la production interne et reprendre ce monopole là. Nous sommes un pays à vocation d’exportation, mais aujourd’hui nous n’exportons rien », a-t-il ajouté.
Définir une politique sectorielle à tout prix !
Pour remédier à cette situation, Teddy Lwamba Muba préconise le changement urgent de la politique sectorielle et le développement d’un concept de défense énergétique.
« Il y a des lacunes dans le domaine de la planification ; il nous faut des outils de travail, notamment la politique sectorielle qui doit être définie », a-t-il préconisé.
Dans cette optique, il a annoncé la mise en place de 9 sites qui pourraient générer 2500 MW, ainsi que le recours au leasing pour obtenir des équipements thermiques et photovoltaïques afin de combler le déficit énergétique.
« Aujourd’hui, nous avons une balance déficitaire de l’électricité, nous devons avoir une stratégie agressive. Le secteur industriel, dont le secteur minier consomme 1400 mégawatt et cela permet au secteur industriel de tourner », a-t-il argué.




















































