La coalition Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV) a fustigé les menaces et intimidations proférées par le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, à l’endroit des acteurs de la société civile qui enquêtent et publient leurs rapports dans le cadre de contrôle citoyen de l’action publique.
Pour le CNPAV, les menaces et entraves au travail des acteurs de la société, des défenseurs des droits humains, des journalistes et autres activistes se sont intensifiés à travers les arrestations arbitraires en RDC et appelle le gouvernement à assurer la protection de tous ces acteurs sociaux et garantir l’espace civique pour l’expression de toutes les opinions.
Dans sa réaction en rapport avec les affirmations de Kamerhe sur les émoluments des députés nationaux, cette structure note un écart entre les propos du speaker de l’Assemblée nationale, la loi des finances 2024 et les pratiques de paiement d’autres avantages aux parlementaires congolais.
En effet, souligne le CNPAV, la loi de finances 2024 dans la section 16, fixe les émoluments mensuels d’un député national à 23,4 millions de francs congolais, soit 9.361 USD sans insérer les avantages et primes.
En clair, cette coalition est persuadée que ces chiffres contredisent le montant de 14 millions francs congolais, soit environ 5000 USD annoncé lors de la clôture de la session ordinaire de mars par le Président de l’Assemblée nationale.
« Pour baisser les émoluments, il faut un collectif budgétaire, qui n’est pas encore initié par le gouvernement ni voté par le parlement. Le CNPAV attend l’effectivité de la baisse du train de vie de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Gouvernement et de la Présidence à travers des textes légaux, dont la loi des finances rectificative ».
Des ONGs créent des chiffres!
Lors de la clôture de cette session ordinaire, Vital Kamerhe a mis en garde des organisations non gouvernementales qu’il accuse de créer les chiffres pour susciter la polémique et ternir l’image de la Chambre basse du Parlement.
Il a menacé d’initier des poursuites judiciaires contre ces ONGs sans les citer nommément.
« Je voudrais qu’à partir d’aujourd’hui, toutes ces ONG qui créent les chiffres, et d’ailleurs le rapporteur a été instruit, vous avez écrit à l’ONG qui avait prétendu que les députés auraient reçu des sommes faramineuses, de venir ici à l’Assemblée nationale. Les portes sont ouvertes, qu’ils nous apportent leurs preuves et qu’ils consultent nos livres au niveau de la comptabilité. Sa réponse ne sera disponible qu’au début de la première quinzaine du mois de juillet, mais pour écrire sur les réseaux sociaux, il était disponible, et ceci doit cesser parce que cela peut conduire au pénal, et le procureur près la Cour de Cassation doit se préparer puisqu’il y aura beaucoup d’actions dans ce sens. Je n’accepterai pas qu’on puisse ternir l’image d’une aussi grande institution de la République. Je voudrais dire à haute et intelligible voix que le salaire du député est de 14 millions FC, tous avantages confondus. Allez dans les banques, ça se passe au niveau de la banque, alors cessez d’inventer des histoires », a prévenu Vital Kamerhe, président de la chambre basse du parlement.
Dans le cadre du contrôle citoyen de la gestion des finances publiques, des ONGs comme le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) ou l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) publient régulièrement des rapports qui révèlent souvent la délinquance financière dans le chef des institutions publiques.




















































