Le débat autour de la rémunération du député national refait surface en République démocratique du Congo alors que les rideaux de la session ordinaire de mars sont tombés samedi 15 juin dernier.
Tout est parti de la déclaration du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, censée clouer le bec à la polémique autour des émoluments ainsi que d’autres avantages que bénéficieraient les représentants du peuple.
D’après le speaker de la Chambre basse du Parlement de la RDC, le salaire mensuel du député national, tout avantage inclus est de 14 millions de francs congolais soit environ 5000 dollars américains.
Plutôt que calmer la clameur autour de cette affaire, les propos de Vital Kamerhe semblent envenimer la situation au point de susciter les réactions des organisations qui militent non seulement pour la transparence et la gestion orthodoxe des finances publiques, mais aussi et surtout en faveur de la réduction du train de vie des institutions « budgétivores ».
C’est le cas notamment de la coalition Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV) qui note que les propos de Kamerhe ne sont ni conformes à la loi des finances 2024 ni aux pratiques de paiement d’autres avantages aux parlementaires congolais.
Dans sa déclaration exploitée par Eco24, CNPAV qui dit suivre de près la problématique du train de vie exorbitant des institutions publiques de la RDC, constate que la loi de finances 2024, section 16 fixe les émoluments mensuels d’un député national à 23,4 millions de FC, soit 9.361 USD.
« Ces montants ne concernent pas les autres avantages et primes dont bénéficient les députés nationaux », relève cette structure qui souligne que « ces chiffres contredisent le montant de 5000 USD (14 millions FC) annoncé le 15 juin dernier par le président de l’Assemblée nationale ».
D’ailleurs, le CNPAV rappelle que pour baisser les émoluments, il faut un collectif budgétaire, qui n’est pas encore initié par le gouvernement ni voté par le parlement.
« Le CNPAV attend l’effectivité de la baisse du train de vie de l’Assemblée nationale, du Sénat, du gouvernement et de la présidence à travers des textes légaux, dont la loi des finances rectificative », précise cette structure.
Halte aux menaces et intimidations!
Par ailleurs, le CNPAV fustige les « menaces et intimidations » proférées par Vital Kamerhe, à l’endroit des acteurs de la société civile qui font leur travail de contrôle citoyen de l’action publique.
« Le CNPAV rappelle que les menaces et entraves au travail des acteurs de la société, des défenseurs des droits humains, des journalistes et autres activistes se sont intensifiés à travers les arrestations arbitraires en RDC et appelle le gouvernement congolais à assurer la protection de tous ces acteurs sociaux et garantir l’espace civique pour l’expression de toutes les opinions », a-t-on lu dans la déclaration faite ce lundi 17 juin.
L’Observatoire de la Dépense publique (ODEP) a, dans cette même logique, fait savoir que les intérêts comprenant, entre autres des frais spéciaux d’intervention et de recherche, des primes payées lors des commissions de contrôle font grimper le salaire du député national entre 21.000 et 33.000 dollars américains.




















































