Tel un athlète dans l’arène politique congolaise, le président national du parti politique Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhe ne s’est pas avoué vaincu.
Partenaire de la première heure de Félix Tshisekedi, alors candidat à la présidentielle de décembre 2018, Kamerhe s’est battu entre les promesses non tenues résultant des clauses de l’accord de Nairobi, conclu par l’UDPS et l’UNC et ses démêlés avec la justice congolaise.
Un certain 23 novembre 2018, alors qu’ils venaient de se retirer de l’accord de Genève aux côtés de Moïse Katumbi et Martin Fayulu, les deux opposants se retrouvent à Nairobi.
A l’hôtel Serena de Nairobi (au Kenya), l’UNC de Vital Kamerhe et l’UDPS de Felix Tshisekedi scellent une alliance pour la présidentielle de décembre 2018. Principal point de l’Accord : Vital Kamerhe se désiste au profit de Félix Tshisekedi qui, en cas de victoire, lui garantit le poste de Premier ministre. Les deux hommes s’engageaient ainsi à marcher désormais main dans la main et pour une période éventuellement de 10 ans.
Lors de la signature de cet accord, relate un article d’Opinion Infos, les deux hommes parlent d’un « ticket gagnant » et forment une plateforme électorale qu’ils dénommeront « Cap pour le Changement » (CACH), présidée par Félix Tshisekedi qui devient candidat unique. Il était prévu, en outre, qu’en cas de victoire, Félix Tshisekedi choisirait Vital Kamerhe comme chef du gouvernement. Puis au bout de cinq ans, ils inverseraient les rôles. Donc l’accord couvrait une décennie, avec un mandat présidentiel chacun et une primature chacun.
Enfin, l’Accord de Nairobi prévoyait également le partage des postes. L’UDPS de Félix Tshisekedi contrôlerait les Affaires étrangères, l’Intérieur, la Sécurité et l’Assemblée. En plus de la primature, l’UNC de Vital Kamerhe obtiendrait la présidence du Sénat, la gouvernance de la Banque centrale, les ministères des Finances, des Infrastructures de la Défense et de la Justice.
Cependant, les choses ne se sont jamais déroulées comme prévu. En lieu et place de la Primature, Vital Kamerhe va se contenter du poste de directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, à l’aube de la première alternance politique en RDC.
« Kamerhe est quelqu’un de sérieux et de correct »
Alors que Kamerhe était condamné en appel à 13 ans de travaux forcés pour détournement des fonds alloués aux travaux du programme d’urgence de 100 jours, peu avant son acquittement, Félix Tshisekedi prédisait le rôle qu’il devait jouer d’abord en tant que vice-premier ministre de l’important ministre de l’Économie au soir de son premier mandat, puis celui du Président de l’Assemblée nationale à l’entame du second quinquennat.
Lors d’une interview en mi 2021, Félix Tshisekedi avait qualifié le président de l’UNC de quelqu’un de « sérieux » qui avait un rôle « important » à jouer dans le pays.
« Nous continuons à croire que Vital Kamerhe est non seulement quelqu’un de sérieux, de correct mais en plus quelqu’un dont la République a besoin grâce à son intelligence et son expérience et je suis convaincu qu’il jouera à nouveau un rôle dans le pays », disait-il.
La récompense après les épreuves !
De la prison au ministère de l’Economie, Vital Kamerhe a pris ce vendredi 24 mai, les rênes de l’Assemblée Nationale, Chambre Basse du Parlement de la République démocratique du Congo, cinq jours après une tentative de son assassinat le 19 mai.
Candidat unique au poste de président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a été proclamé vainqueur avec 371 voix sur 407 votants.




















































