Le gouvernement de la République démocratique du Congo a passé au peigne fin, la situation en rapport avec le cadre macroéconomique.
D’emblée, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde rappelle avoir présidé, le 13 mars, la réunion hebdomadaire du Comité de conjoncture économique pour suivre de près l’évolution des principaux agrégats de l’économie nationale afin de maintenir la stabilité du cadre macroéconomique.
Selon le chef du gouvernement, il appert que la situation sur le marché des changes nécessite une politique monétaire restrictive devant contribuer à l’appréciation du Franc Congolais par rapport aux devises étrangères, particulièrement le dollar américain.
Pour stopper cette hémorragie, Sama Lukonde a préconisé une panoplie des mesures dont l’obligation de payer les droits, taxes, redevances et factures des entreprises et services publics en Franc Congolais à partir du 1er avril 2024 y compris l’installation des terminaux dans les supermarchés.
Outre cette mesure, le chef du gouvernement a recommandé la poursuite du processus de dédollarisation de l’économie nationale; la poursuite de la politique de diversification de l’économie nationale et la finalisation des réformes entreprises par la Banque Centrale du Congo en matière de paiement.
« Dans cet élan, pour contenir les pressions macroéconomiques actuelles, la poursuite d’une politique budgétaire prudentielle pour préserver la viabilité budgétaire et la qualité des dépenses publiques s’impose », indique le compte rendu de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 15 mars.
Dans l’entretemps, le gouvernement a résolu de rationaliser ses dépenses en priorisant les dépenses sociales incompressibles afin de préserver le pouvoir d’achat de la population, d’une part et d’autre part, les dépenses sécuritaires et de souveraineté pour imposer l’autorité de l’Etat dans la partie orientale du pays.
Aperçu des mesures prises en 2022
Fin 2022, la BCC avait proposé au gouvernement une batterie de mesures susceptibles de redonner au Franc congolais sa valeur d’antan. Il s’agissait notamment:
- le paiement de tous les droits dus à l’Etat en Franc congolais;
- le respect strict des taux indicatifs des banques commerciales par les opérateurs économiques en particulier les pétroliers, les grandes surfaces et les opérateurs de télécommunication ;
- le respect des taux indicatifs par les organismes publics à l’instar de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS), le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP), les Régies Financières et tous ceux qui sont dans les opérations de change ;
- le contrôle économique efficace pour s’assurer du respect des taux indicatifs par tous les opérateurs économiques dans le dénouement de toutes les transactions ;
- la lutte contre la fraude et l’application des mesures de restrictions sur l’importation des produits similaires dans la partie ouest du pays;
- le renforcement par la BCC, en collaboration avec la Chambre des Mines, du suivi et du contrôle de rapatriement des devises et l’application de toutes les mesures draconiennes qui s’imposent ;
- le renforcement de la collaboration entre la BCC et la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) pour lutter contre la fuite et le blanchiment des capitaux.
La Banque Centrale du Congo s’était également engagée à procéder à une analyse des écarts entre les taux vendeurs et les taux acheteurs sur le marché interbancaire afin de prendre les mesures correctives éventuelles pour éviter la spéculation sur ce marché.
En sus, l’autorité monétaire avait également recommandé la poursuite de contrôle des facteurs de la liquidité bancaire; l’exécution des réformes structurelles retenues dans le cadre du programme avec le FMI; le contrôle et suivi permanent des facteurs de la liquidité bancaire.




















































