Le cardinal Fridolin Ambongo accuse l’Union européenne de renforcer l’action du Rwanda, dans la poursuite de ses velléités expansionnistes en RDC. Il réagissait au protocole d’entente signé le 19 février dernier, entre les deux parties sur les minerais critiques.
Dans son homélie à l’occasion d’une messe en faveur de la paix dans la région du Kivu le 24 février, le prélat catholique dit constater que ce qui apparaissait comme un accidentel transfert du conflit interethnique rwandais, a fini par dévoiler son agenda caché.
Fridolin Ambongo ne comprend pas comment au même moment où elle dénonce l’implication directe du Rwanda et son armée en soutien au groupe armé M23, l’UE signe un accord de coopération minière durable avec le Rwanda sur des ressources « pillées » en RD Congo.
« Au fil des années, différentes missions et organisations ont rapporté les velléités expansionnistes de certains pays voisins à l’Est et le pillage systématique des richesses du sous-sol congolais par les multinationales, sous la couverture des groupes des revendications internes », révèle Fridolin Ambongo.
Un silence qui frise la complicité
L’archevêque de Kinshasa estime en outre que ce protocole est un complot monté par les agresseurs et multinationales pour faire main basse sur les richesses du Congo au détriment de paisibles citoyens congolais.
« Jusqu’où irait ce mépris ? Jusqu’où irait la banalisation de la vie humaine, pourtant sacrée ? », s’est-il questionné avant de dénoncer que « le silence et l’inaction » de la communauté internationale frisent la complicité.
« En effet, il est inconcevable qu’avec les moyens dont elle dispose, la puissante Organisation des Nations Unies ait échoué à rétablir la paix dans notre pays », a-t-il asséné.
À juste titre, le cardinal Ambongo paraphrase le Pape François, qui, lors de son voyage apostolique en RDC en 2023, a interpellé la conscience de la communauté internationale.
« Retirez vos mains de la RDC (…). Elle n’est pas une mine à exploiter, ni une terre à dévaliser », déclarait le Pape François.
Qui plus est, le numéro de l’Église catholique en RDC demeure convaincu que faire revenir la paix dans la région passe notamment par la fin de la violation de l’intégrité territoriale de notre pays et la prédation éhontée de ses ressources naturelles.
Pendant que les autorités congolaises dénoncent un « acte inamical », l’eurodéputé, Marc Botenga accuse l’Union européenne de profiter de la guerre en cours pour spolier les congolais de leurs richesses. Il a appelé à l’annulation du protocole d’accord controversé paraphé le 19 février, entre l’UE et le Rwanda.




















































