La Présidence de la RD Congo a saisi par voie de correspondance, le 14 février dernier, l’inspecteur général des finances, chef de service de l’IGF, Jules Alingete, et le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, pour désigner une équipe de travail afin d’enquêter sur la gestion d’un service du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) dirigé par Tony Mwaba.
En effet, cette démarche appuyée au sommet de l’Etat fait suite à des soupçons de détournement, malversations financières et la gestion peu orthodoxe des fonds alloués à la Direction Nationale de Contrôle de la Paie des Enseignants (DINACOPE, ex SECOPE).
Le Président de la République a également décidé que les deux services enquêtent sur la gestion des frais versés par les élèves finalistes du secondaire à l’Inspection Générale de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique pour les éditions 2022 et 2023 de l’Examen d’Etat.
Le directeur de cabinet du Président de la République, Guylain Nyembo qui signe cette missive, précise qu’à la fin de cette enquête, la mission mixte IGF-Cour des comptes va soumettre au Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, un rapport conjoint assorti des recommandations.
Alingete, Mwaba: le désamour

Les relations entre l’actuel ministre de l’EPST, Tony Mwaba et le chef de service de l’IGF, Jules Alingete n’ont jamais été celles d’une mer tranquille. Des frustrations et des vagues entre les deux ne datent pas d’aujourd’hui.
La brouille en hibernation entre Mwaba et Alingete persiste depuis 2021. Du dossier Veridos, au détournement présumé d’importantes sommes d’argent chiffrées à 16 millions USD, destinées aux prestataires du Test national de fin d’études primaires (TENAFEP), 400.000 USD pour l’organisation de la première édition du tournoi panafricain interscolaire FIFA 2022… les relations entre les deux hommes n’ont jamais été au beau fixe.
L’affaire de 16 millions USD a été classée après que Jules Alingete a reconnu qu’il s’agissait d’un malentendu et que cet argent n’avait jamais été décaissé.
Le ministre de l’ESPT accuse continuellement l’IGF d’acharnement alors que le superflic anti-corruption dénonce les malversations financières susceptibles de perturber la gratuité de l’enseignement de base, l’un des programmes phares de Félix Tshisekedi depuis son accession à la présidence de la RDC.
Récemment, un spectacle déshonorant s’est produit au ministère EPST mettant en scène Tony Mwaba et 3 inspecteurs de l’IGF en train de se heurter verbalement. Le ministre qui a demandé de filmer le déroulé a fait monter la tension d’un cran en reprochant aux inspecteurs de commencer à travailler sans le prévenir, remettant en question leur autorité et les accusant d’avoir détourné 1000 USD du compte du ministère.
Par la suite, la bataille a changé de terrain pour se poursuivre sur les réseaux sociaux. Tony Mwaba s’en est directement pris à Jules Alingete. Dans une diatribe sur X, il dénonce un complot contre lui, accusant Alingete d’avoir reçu mission de salir son image au bénéfice de son ami qu’il serait en train de préparer pour prendre la tête de ce ministère en perspective de la mise en place du nouveau gouvernement.
Comme en 2021, il a annoncé le 01 février qu’il irait en procès contre Alingete, afin de redorer le blason de son image ternie par des enquêtes « sélectives et improductives ».
Pourquoi l’IGF et la Cour des Comptes pour les enquêtes ?
En RDC, la Cour des comptes est l’Institution Supérieure de Contrôle des Finances publiques. Elle effectue un contrôle externe à posteriori des finances de l’Etat et de ses démembrements ainsi que des organismes, entreprises publiques et autres entités bénéficiant du concours financier de l’Etat.
De son côté, l’IGF dispose d’une compétence générale en matière de contrôle des finances et des biens publics.
À ce titre, elle vérifie et contrôle toutes les opérations financières de l’État, des entités administratives décentralisées, des établissements publics et organismes paraétatiques ainsi que des organismes ou entreprises de toute nature bénéficiant du concours financier de l’État, des entités administratives décentralisées et des établissements publics ou organismes paraétatiques sous une forme de participation en capital, de subvention, de prêt, d’avance ou de garantie.




















































