À l’occasion du deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, la RDC a présenté une stratégie nationale visant à renforcer ses capacités en matière d’énergie nucléaire civile, en s’appuyant sur son héritage scientifique et sur une coopération renforcée avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
D’entrée de jeu, la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, docteur en physique nucléaire représentant le président de la République à ce sommet, a rappelé que la RDC fut l’un des pionniers africains du nucléaire civil avec la mise en service en 1959 du réacteur Trico I à Kinshasa.
« Au moment où le monde s’interroge sur l’avenir nucléaire de l’Afrique, la RDC rappelle qu’elle en a écrit les premières pages, portées par la vision de chercheurs et d’institutions qui ont très tôt compris le rôle de l’atome dans le progrès scientifique et humain. Cette antériorité nous confère aujourd’hui une responsabilité particulière », a-t-elle déclaré avant de préciser que le Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa (CREN-K) demeure le socle d’une culture scientifique et de sûreté entretenue depuis plus de six décennies.
Le plan congolais repose sur trois axes principaux:
Le premier concerne la sûreté et la sécurité nucléaire.
À ce titre, la professeure Malu a affirmé que Kinshasa entend moderniser et mettre à niveau le CREN-K en coopération étroite avec l’AIEA, afin d’aligner ses installations sur les standards internationaux en matière de sûreté, sécurité et transparence.
Le second axe vise à développer les applications pacifiques du nucléaire pour le développement humain.
Selon la ministre, des programmes sont en cours ou prévus pour renforcer la médecine nucléaire et la radiothérapie, ainsi que les usages industriels et agricoles des technologies nucléaires.
« Pour un pays confronté à de grands défis sanitaires et alimentaires, ces applications représentent un instrument concret de progrès social. La troisième priorité est la formation et le partage du savoir », a-t-elle laissé entendre.
Le troisième pilier de la stratégie porte sur la formation et le partage du savoir.
En effet, la RDC ambitionne de faire du CREN-K un hub régional de formation pour l’Afrique centrale, formant ingénieurs, physiciens et spécialistes de la sûreté nucléaire afin de soutenir le développement des compétences locales et régionales.
La ministre a également souligné le rôle stratégique de la RDC dans l’économie mondiale de la décarbonation, le sous-sol congolais recelant des minéraux critiques pour les technologies bas carbone.
Elle a appelé à des chaînes d’approvisionnement transparentes et respectueuses des principes de souveraineté et du droit international.
« L’énergie nucléaire civile repose sur la confiance. Elle exige rigueur scientifique, transparence institutionnelle et respect des normes internationales », a martelé la ministre.
Dans son discours, Raïssa Malu a également prôné une coopération internationale fondée sur la responsabilité, le respect mutuel et la rigueur scientifique.
Dans ce contexte, la RDC s’est engagée à travailler avec États, institutions internationales et partenaires industriels pour construire « un modèle africain responsable du nucléaire civil » centré sur la sûreté, la formation et le développement humain.

















































