La récente sortie médiatique de l’ancien Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a provoqué des remous au sein de la scène politique congolaise, attirant même les réactions de membres du gouvernement Suminwa.
S’adressant à la nation via une plateforme numérique vendredi 23 mai dernier, Joseph Kabila a revendiqué l’augmentation des recettes publiques observée sous l’administration de Félix Tshisekedi. Selon l’ancien Chef de l’État, cette croissance serait le fruit des réformes entreprises entre 2002 et 2018, notamment l’adoption de nouveaux codes minier, forestier, des hydrocarbures, d’assurances et de sous-traitance et un niveau d’aide financière accrue, de la part des institutions de Bretton Woods.
Cependant, Doudou Fwamba, ministre des Finances, conteste ces affirmations et parle de démagogie. Sur son compte X, l’argentier national accuse Joseph Kabila d’avoir mis en place, durant ses 18 années de mandat, un vaste système de kleptocratie, marqué par de nombreux détournements de fonds publics et des réserves de change qui n’ont jamais atteint 3 milliards USD.
Dans le secteur minier, Doudou Fwamba dresse un bilan particulièrement accablant.
« Des actifs miniers ont été bradés à vil prix pour des intérêts privés, des milliards de dollars de royalties issus de joint-ventures ont été concédés à des amis étrangers, et des centaines de millions de dollars ont été retirés de la Banque Centrale du Congo pour des destinations inconnues, comme les 350 millions USD de pas de porte de la SICOMINES. De plus, des millions USD de fonds publics ont été octroyés sous forme de cadeaux pour la création d’entreprises familiales », dénonce le ministre, qui accuse l’ancien président d’avoir détourné plus de 2 milliards de dollars de la GECAMINES entre 2010 et 2019.
Sur le plan social, ce membre du gouvernement Suminwa dresse un portrait peu reluisant de l’administration Kabila. Il souligne que les enseignants ont été laissés pour compte avec un salaire dérisoire de 45 à 60 USD par mois, que les militaires des FARDC perçoivaient une rémunération misérable, et que les professeurs d’université n’avaient ni assurance maladie ni garanties sociales.
Par ailleurs, plusieurs sociétés publiques ont été démantelées pour profiter à une seule famille, celle du Sénateur à vie, Joseph Kabila.
« Une pauvreté qui avait atteint son paroxysme, des infrastructures dans un état de délabrement très avancé, des provinces entières déconnectées du réseau routier nationa », a-t-il déclaré.
Dans allocution, Kabila a critiqué le manque d’investissements dans les infrastructures modernes durant les six dernières années, soulignant le retour de l’inflation et de la dépréciation monétaire.
« Par contre, l’inflation et la dépréciation monétaire, jadis vaincues, sont de retour; la corruption et le détournement des deniers publics ont atteint un niveau inédit, et l’endettement public, que nous avions maîtrisé dès 2010, a de nouveau grimpé en flèche, dépassant la barre de dix milliards de dollars et suscitant des inquiétudes légitimes, quant à la solvabilité à moyen et long terme du pays », a-t-il conclu en soulignant que les conséquences de cette gestion sont: chômage, arriérés de salaires, baisse du niveau de vie, banditisme urbain, exode rural et famine croissante dans plusieurs provinces.




















































