De retour au pays après une mission de travail en Chine, le Président Félix Tshisekedi a convoqué lundi 09 septembre, la Première réunion extraordinaire ordinaire du Conseil des ministres depuis l’avènement du gouvernement Suminwa.
Dans sa communication, le Président Tshisekedi s’est attelé à la situation qui a prévalu au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK), ex Prison Centrale de Makala, la nuit du 1er au 02 septembre, à la suite d’une tentative d’évasion d’une « gravité extrême ». Il a condamné cet événement « inacceptable » tout en rappelant que toute vie humaine est sacrée et mérite toute son attention.
Alors qu’il a été observé une autre tentative d’évasion dans une prise à Bunia en date du 07 septembre, le Chef de l’Etat n’a pas exclu l’hypothèse d’une « main noire tendant à saper les efforts du gouvernement » et a recommandé la vigilance accrue de la part de des forces de défense et de sécurité.
Dans cet ordre d’idées, Félix Tshisekedi a enjoint Jacquemain Shabani, VPM de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières et Constant Mutamba, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour parachever le rétablissement complet de l’ordre au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK).
« Les forces de défense et de sécurité, en association avec les équipes régulières de la prison, doivent assurer un contrôle total et permanent de la situation afin de prévenir toute nouvelle tentative du genre », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le Chef de l’État a également demandé à ce qu’il lui soit soumis, endéans une semaine, les conclusions de l’enquête en cours, qui devrait déterminer les causes exactes de cet incident. Cette enquête devra aussi établir les responsabilités, et des sanctions appropriées qui seront appliquées aux fauteurs de troubles, qu’ils soient internes ou externes à l’établissement carcéral concerné.
Le Président de la République a par ailleurs exigé aux membres du gouvernement, la « discipline et la cohésion ».
« Je voudrais souligner, en faisant mien le rappel à l’ordre de Madame la Première Ministre sur ce sujet, que l’action gouvernementale doit être coordonnée et ordonnée. L’individualisme n’est pas un atout, au contraire nous payons tous le prix des dérapages populistes individuels. Cet état des choses est inacceptable et ne devrait plus se répéter en matière de gestion de crises», a-t-il précisé.
Vers la création d’un Service National du Renseignement Pénitentiaire
Dans le cadre du parachèvement de la réforme du système pénitentiaire déjà amorcée, le Shabani et Mutamba ont été invités à lancer immédiatement, autour des acteurs du secteur, une réflexion sur la possibilité de créer un Service National du Renseignement Pénitentiaire, capable d’anticiper et de prévenir de telles tragédies à l’avenir. Ce service aura notamment pour missions de coordonner efficacement la surveillance et la sécurité au sein des établissements pénitentiaires.
Rappelant ses instructions données au Ministre de la Justice lors de la 130e réunion du Conseil des ministres tenue le 22 mars 2024, le Président de la République a demandé le point sur la situation des principaux établissements pénitentiaires de la République Démocratique du Congo caractérisés par une surpopulation carcérale récurrente en dégageant les perspectives du dépeuplement urgent.
Il s’agissait du plus grand carnage et massacre jamais connu au sein d’une maison carcérale en République démocratique du Congo d’autant plus que les militaires commis à la garde de la prison ont tiré avec la volonté de donner la mort a des prisonniers désarmés, sans sommation et à bout portant.
Selon les derniers chiffres du gouvernement, le bilan de la tentative d’évasion à la prison centrale de Makala est de 131 morts et une cinquantaine de blessés.



















































