Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki a dénoncé l’impact économique lourd de l’occupation depuis février 2025, par l’AFC-M23 de parties de la province notamment la ville de Bukavu, affirmant que celle‑ci a entraîné une chute drastique des recettes et la paralysie de plusieurs projets publics.
Le chef de l’exécutif a expliqué que la province a perdu environ 84 % de ses recettes provinciales depuis le déplacement de l’administration hors de Bukavu. Avant l’entrée en crise, le budget provincial voté était, selon lui, de 5,5 millions de dollars mensuels (66 millions de dollars annuels).

Cependant, après l’installation des services à Uvira et la mise en place progressive de mécanismes tels que la bancarisation, la numérisation et un guichet unique, l’exécutif estime pouvoir rétablir des recettes de l’ordre de 3 à 4 millions de dollars par mois.
Le gouverneur Purusi a affirmé que l’AFC‑M23, appuyé par le Rwanda a mis en place un système de collecte de taxes sur le territoire occupé et généré, entre 17 et 20 millions de dollars par mois.
Il a ajouté que ces montants ont été transférés au Rwanda, laissant selon lui la population locale et les projets provinciaux sans ressources.
Jean-Jacques Purusi a révélé que plusieurs chantiers et projets en cours ont été interrompus en raison du manque de fonds. Il a cité des infrastructures routières et portuaires notamment la RN5 Bukavu‑Uvira, des tronçons Bukavu‑Kalehe‑Goma et Bukavu‑Bulambi‑Kawali‑Kalehe ainsi que l’aéroport de Kavumu et des aménagements portuaires à Bukavu.

Le gouverneur a également accusé la rébellion d’avoir assiégé de grandes entreprises minières notamment Twangiza Mining et Kamituga Mining.
Selon l’autorité provinciale, la mainmise militaire sur certaines zones s’est accompagnée d’une « taxation forcée » de populations déjà fragilisées privés d’emplois et de commerce.
Le gouverneur a plaidé pour rétablissement des mécanismes modernisés de collecte des recettes (bancarisation, numérisation, guichet unique) depuis Uvira pour restaurer une partie des ressources provinciales et relancer les travaux suspendus.


















































