À l’ouverture de la session parlementaire de mars, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara a dépeint tableau peu reluisant de la gouvernance économique de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans son harangue, le speaker de la Chambre basse du Parlement a indiqué que le recul des recettes publiques constitue l’un des principaux défis auxquels le pays doit faire face.
« La maximisation des ressources internes constitue une condition essentielle pour financer nos politiques publiques, renforcer nos services sociaux de base et soutenir les investissements structurants dont notre pays a grandement besoin », a déclaré Aimé Boji.
L’ancien ministre du Budget a insisté sur la nécessité pour l’État de compenser les pertes de recettes liées aux évolutions récentes du marché et de la monnaie grâce à la stratégie mise en place par la Banque Centrale du Congo (BCC).
Pour étayer son constat, le président de l’Assemblée nationale a évoqué deux facteurs concomitants explicatifs de la contraction des revenus étatiques.
D’une part, l’appréciation progressive du franc congolais face au dollar qui témoigne d’une certaine stabilité macroéconomique a pour effet mécanique de réduire en valeur les recettes libellées en dollars. D’autre part, il a noté « l’amenuisement temporaire des recettes issues du secteur minier », une part importante des recettes étant rapatriée en dollars américains.
Il a révélé que cet recul intervient dans un contexte paradoxal pour le secteur extractif dont les perspectives internationales du cobalt, minerai stratégique dont la RDC détient plus de 60 % des réserves mondiales, redeviennent favorables grâce à la mise en œuvre, par le gouvernement, d’une politique de rétention des stocks destinée à soutenir les prix, une mesure qui a des répercussions à court terme sur les rentrées fiscales.
Face à ces défis conjoncturels, cet économiste formé à l’Université Oxford Brookes et à l’Université d’East Anglia au Royaume-Uni a appelé l’exécutif à déployer « des mécanismes innovants et rigoureux de mobilisation des ressources internes » afin de consolider durablement les finances de l’État.
Dans cette perspective, Aimé Boji a invité le gouvernement Suminwa à faire de la lutte contre la fraude y compris sous ses formes informelles comme priorité de l’action publique.
L’Assemblée nationale, a-t-il conclu, entend exercer un suivi soutenu de l’exécution du budget et renforcer le contrôle parlementaire pour accompagner le gouvernement dans ses efforts de maximisation des recettes.

















































