Deux semaines après l’opérationnalisation du Fonds d’Investissement Stratégique de la République Démocratique du Congo (FIS-RDC), le président a souligné l’urgence d’éliminer les dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées. Il a également appelé à une meilleure discipline dans l’organisation de l’action publique pour assurer une allocation plus efficace des ressources publiques.
Selon lui, cette exigence vise à rationaliser les dépenses publiques, lesquelles constituent un levier « immédiat, crédible et indispensable » pour préserver les équilibres macroéconomiques du pays.
Ce rappel fait suite à la prolifération de fonds, de cellules, de commissions et d’autres structures publiques initiées par les différents ministères.
« Si certaines de ces structures peuvent répondre à des besoins spécifiques de mise en œuvre des politiques publiques, il n’en demeure pas moins que leur multiplication non encadrée exerce un effet de pression et d’éviction des ressources du Trésor public. En effet, chaque nouvelle entité entraîne inévitablement des charges supplémentaires liées aux frais de démarrage, d’installation, de fonctionnement ainsi qu’à la rémunération du personnel. Une telle dynamique apparaît peu compatible avec l’impératif de rationalisation des dépenses publiques auxquelles nous sommes collectivement astreints », a déclaré le Président Félix Tshisekedi.
Pour mettre fin à cette tendance, le Chef de l’État a préconisé que la création de tout fonds, établissement public, cellule ou autre structure publique soit désormais strictement encadrée. Cela vise à garantir son opportunité réelle, sa pertinence stratégique et sa soutenabilité financière, afin d’assurer la cohérence de l’action de l’État.
« À cet effet, tout projet de création devra préalablement être validé par la Première ministre qui en appréciera la nécessité, la valeur ajoutée institutionnelle et l’impact budgétaire avant de le lui soumettre pour son arbitrage final », indique le compte rendu de la dernière réunion du Conseil des ministres.
En outre, Félix Tshisekedi a chargé Judith Suminwa d’évaluer globalement les fonds, cellules, commissions et autres structures publiques sous la tutelle des différents ministères.
« Cet exercice devra permettre d’identifier les structures dont l’utilité est avérée et qui contribuent efficacement à la mise en œuvre des politiques publiques, celles dont la pertinence est limitée ou dont les missions peuvent être assumées par des structures déjà existantes », a-t-il précisé.
Du déjà vu et entendu !
Cette instruction n’est pas la première. Lors d’un conseil des ministres le 2 mai 2025, le président a déjà demandé au gouvernement d’identifier les structures créées ces dernières années, notamment au sein des ministères, et d’analyser leur valeur ajoutée par rapport aux ressources qui leur sont allouées, tant en termes de dépenses directes provenant du Trésor public qu’en ressources indirectes mobilisées, alors qu’elles pourraient contribuer à centraliser le compte général du Trésor.
À l’issue de cette évaluation, des mesures allant de la suppression pure et simple à la reconfiguration optimisée de certaines structures devaient être prises. Cependant, un an après, aucune décision de ce type n’a été adoptée, tandis que de nouvelles structures ont continué à émerger.
La présidence pas un exemple !
Toujours en mai 2025, l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, avait révélé que l’État congolais avait créé cinquante-trois établissements publics non budgétisés durant le premier mandat du Président Tshisekedi.
Dénonçant la mauvaise gestion des finances publiques, frein au développement du pays, l’ancien ministre, actuellement député national, avait souligné que cette situation entraîne des recrutements sans cadre limite.
« Comment expliquer qu’au cours du premier mandat du président, l’État ait créé cinquante-trois nouveaux établissements publics ? Ce sont des fonctionnaires à payer, et pourtant ils sont mis en place en cours d’année, sans aucune prévision budgétaire. Ensuite, ils recrutent sans cadre défini. Comment peut-on espérer une bonne gestion dans ces conditions ? », s’était-il interrogé.

















































