La République démocratique du Congo doit se tourner vers le secteur agricole pour améliorer les conditions de vie de sa population. C’est l’essence de l’appel lancé par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, lors d’un briefing presse co-animé avec son collègue de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Lors de cet exercice de redevabilité, Julien Paluku a déclaré que la forte dépendance de l’économie nationale au secteur extractif principalement axé sur l’exploitation du cobalt, du cuivre, du lithium, du diamant, de l’or et d’autres minerais précieux, n’a pas permis à la RDC de traduire cette richesse en bénéfices tangibles pour sa population.
« Lorsqu’on examine la manière dont le secteur minier a participé au développement de la RDC, on se rend compte pratiquement que notre pays n’a pas tiré profit de ce secteur », a-t-il déclaré.
Pour soutenir sa réflexion, ce membre du gouvernement indique qu’en 2023, la RDC a exporté 152 000 tonnes de cobalt et 3,1 millions de tonnes de cuivre, générant des revenus colossaux. Cependant, ces montants, bien que spectaculaires, ne se reflètent pas dans le quotidien des Congolais.
« L’année dernière, nous avons exporté 152.000 tonnes de cobalt, près de 3,1 million de tonnes de cuivre, c’est autour de 29 milliards USD mais ça ne serait pas dans le panier de la ménagère. La tonne de cobalt est à 33.000 USD. Si vous multipliez 33.000 par une production de 152.000 tonnes par an, vous êtes à près de 60 ou 59 milliards USD. Mais lorsqu’on voit comment cela se répercute sur la population congolaise, on ne le sent pas, la pauvreté continue », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, le ministre Paluku a réaffirmé l’appel du Président Félix Tshisekedi à diversifier l’économie nationale à travers la valorisation du secteur agricole.
« Parce que le secteur minier n’a pas été porteur de croissance, il nous a demandé de diversifier l’économie, notamment en allant vers le secteur agricole. C’est l’essence de toutes les politiques que nous avons pilotées au niveau du ministère du Commerce, notamment la stratégie nationale de promotion des exportations, qui passe par l’identification des produits qui sont porteurs désormais de croissance pour la RDC », a-t-il dit.
Secteur agricole: pourvoyeur d’emplois
Julien Paluku estime que la RDC a le potentiel de créer jusqu’à 120 millions d’emplois si elle exploite ne serait-ce que la moitié de ces terres arables, soit 40 millions d’hectares.
« Si nous nous investissons dans la production agricole, non seulement ça va satisfaire la production agroalimentaire, mais également satisfaire aux besoins d’emplois. Si sur les 80 millions d’hectares de terre arable, nous cultivons seulement la moitié et qu’un hectare emploie trois personnes, ça veut dire que nous aurons besoin de 120 millions d’emplois alors que la RDC n’a que 100 millions d’habitants. Ce qui signifie qu’elle importera même la main-d’œuvre », a démontré ce membre du gouvernement rappelant que les produits agricoles tel que le cacao coûte plus cher que certains produits miniers.

Pour soutenir cette transition, Julien Paluku a insisté sur l’identification de nouveaux marchés. A ce titre, il a rappelé que les États-Unis (OGAO), l’Europe, la Chine et l’Inde avec plus de 2,5 milliards de consommateurs représentent des débouchés prometteurs pour les produits agricoles congolais. Au niveau continental, l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECAF) avec ses 1,3 milliards de consommateurs, est également perçu comme une opportunité pour élargir les horizons commerciaux.
Cependant, plusieurs défis subsistent notamment la fiscalité lourde et complexe, la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport et la question de sécurité. A ce titre, le ministre Paluku a fait savoir que le gouvernement congolais a entrepris des réformes du système fiscal et élaboré un plan directeur pour moderniser les infrastructures afin de faciliter l’évacuation des produits vers ces centres de consommation.
« Il faudrait davantage que nous parlions à la population congolaise pour l’amener à migrer désormais vers le secteur agricole, parce que c’est ce secteur qui va nous permettre d’améliorer le panier de la ménagère », a-t-il conclu.



















































