La ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, abrite la 16e réunion ministérielle de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF) qui rassemble les représentants des 54 États membres de cette organisation.
Dans son discours d’ouverture, le Chef de l’Etat congolais a mis en lumière les atouts du continent africain allant de ses ressources naturelles à sa jeunesse dynamique.
« L’Afrique, notre berceau, est à un tournant décisif de son histoire. Dotée d’une jeunesse dynamique, de ressources naturelles incomparables et d’un potentiel économique immense, elle ne demande qu’à s’émanciper des chaînes du passé pour écrire un avenir de progrès et de dignité », a déclaré d’emblée Félix Tshisekedi.
Mais pour lui, cet avenir ne peut se bâtir dans l’isolement. Il estime que la coopération entre les nations est une « nécessité vitale » pour transformer les atouts en leviers de développement inclusif.
« La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine est l’incarnation de cette ambition collective. En unissant 54 nations autour d’un marché commun pour les biens et services, en facilitant la libre circulation des personnes et des capitaux, et en posant les bases d’une union douanière, la ZLECAf nous offre une plateforme unique pour transcender nos frontières et libérer le potentiel économique de notre continent », soutient Tshisekedi.
Le président congolais a appelé les États membres de cette organisation régionale à s’unir pour construire des chaînes de valeur régionales, transformer localement les matières premières afin d’offrir des opportunités d’emploi et de prospérité aux populations.
« La ZLECAf n’est pas une simple initiative économique ; elle est l’un des piliers de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, cette vision audacieuse d’une « Afrique que nous voulons ». Une Afrique intégrée, où le commerce intra-africain, aujourd’hui limité à moins de 20 % de nos échanges, devient le moteur de notre croissance. Une Afrique où nos jeunes ne se tournent plus vers des horizons lointains pour chercher des opportunités, mais trouvent ici, sur notre sol, les moyens de réaliser leurs rêves. En alignant nos efforts sur les objectifs de l’Agenda 2063, la ZLECAf nous permet de poser les jalons d’un développement durable, équitable et souverain », a-t-il déclaré.
Félix Tshisekedi a également encouragé les membres de la ZLECAF d’investir dans les infrastructures, d’harmoniser leurs politiques commerciales, et de renforcer les capacités technologiques pour positionner l’Afrique au cœur de l’économie mondiale.
Au-delà de la réduction des barrières tarifaires, Tshisekedi a évoqué la nécessité d’harmoniser les politiques économiques, le développement des infrastructures communes et la convergence réglementaire, afin de créer un environnement propice à l’émergence d’un véritable marché africain intégré.
« L’avenir du monde se joue en Afrique », a-t-il martelé.
Une opportunité pour la RDC !
Pays aux nombreux potentiels, la RDC entend tirer profit de ce grand marché intercontinental ouvert à plus 1,5 milliard de consommateurs.
« Pour la République Démocratique du Congo, la ZLECAf est bien plus qu’un accord commercial ; elle est une opportunité historique de réaliser notre vision de développement. Avec nos immenses ressources agricoles, forestières, halieutiques et minérales, et une population de plus de 100 millions d’habitants, notre pays a le potentiel de devenir un acteur majeur du commerce continental », a souligné Félix Tshisekedi soulignant que les produits transformés localement, du cacao au cobalt, du bois aux produits agricoles – peuvent trouver preneurs.
Qui plus est, Tshisekedi affirme que la ZLECAL ouvre l’accès aux biens et services des autres nations africaines, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des importations extra continentales.
En intégrant ce marché commun, dit-il, la RDC ambitionne de développer des industries locales compétitives, de créer des emplois pour sa jeunesse, et de renforcer son rôle de trait d’union économique entre les différentes régions du continent.
« Kinshasa, notre capitale, est prête à devenir un hub économique, un lieu de convergence pour les échanges et les investissements africains », a-t-il ajouté.
L’intégration économique régionale: une priorité stratégique
Membre actif de la SADC, de la CEEAC, du COMESA et, depuis 2022, de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la RDC a ratifié l’accord de la ZLECAf en avril 2022. Cet engagement s’est traduit notamment par :
- La création du Comité National ZLECAf en juillet 2021, placé sous l’autorité de Madame la Première Ministre, avec un Secrétariat Exécutif chargé de coordonner nos efforts ;
- L’élaboration d’une Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la ZLECAf, qui guide les politiques pour maximiser les bénéfices de l’accord ;
- Le dépôt récent des listes de concessions tarifaires auprès du Secrétariat de la ZLECAf, un pas décisif vers notre intégration à l’Initiative de Commerce Guidé.
Pour Tshisekedi, ces mesures témoignent de la volonté du gouvernement congolais de faire de la ZLECAf un levier de transformation économique.



















































