Le chercheur en Fintech, ensemble des nouvelles technologies qui visent à améliorer et à automatiser la prestation et l’utilisation des services financiers, Patrick Tonoya Tambwe a proposé à la Banque centrale du Congo (BCC) de migrer du système Swift vers la Blockchain concernant les monnaies digitales.
Au cours d’une conférence-débat organisée par le Cercle des étudiants en économie publique et industrielle (CERPI) à l’Université de Kinshasa, en RD Congo, ce chercheur qui a axé son exposé sur la « cyber sécurité et fintech: système Swift à la Blockchain », Blockchain assure en lui-même, la confidentialité, l’intégrité des données par la combinaison entre registre distribué et cryptographie.
Dans étayer son argumentaire, Patrick Tonoya a expliqué que le système Blockchain est une technologie qui est à la frontière de deux concepts informatiques, notamment Registre distribué qui est les parties prenantes au réseau, et participe à la sécurisation des données.
« C’est-à-dire lorsqu’on veut faire des transactions à travers un block qui est une liste des transactions, cette dernière est distribuée à travers plusieurs serveurs », a-t-il expliqué.
A ce concept s’ajoute, la cryptographie qui est une signature électronique, une empreinte, qui est une suite des données fixes de taille courte qui représente une information de taille longue associée à la liste distribuée.
Dans la technologie blockchain, a fait savoir ce chercheur, on peut envoyer de l’argent d’un point à un autre sans se préoccuper, la finance décentralisée ayant créé une relation de type personne à personne.
« Comme les individus peuvent s’échanger de l’argent entre eux, les banques ont compris qu’elles aussi en tant que personnes morales, peuvent utiliser ce système pour s’envoyer de l’argent sans passer par une chaîne de correspondants. C’est beaucoup plus rapide et plus sûr et ce réseau de Blockchain est disponible 24H/24 », a expliqué Patrick Tonoya.
Pourquoi la Blockchain?
Dans son harangue, Patrick Tonoya dénote que le système Swift permet la communication entre les banques dans le monde. Ce système est porté par une société coopérative dont les membres sont les différentes banques, et cette entreprise est basée en Belgique. Il existe une nomenclature des différentes transactions entre les banques qui sont de la série MT tel que le MT 101, le plus utilisé étant MT 103, qui veut dire virement bancaire.
Il y a plus de 8000 banques qui utilisent ce système à travers le monde. Les failles du système Swift est qu’il gère uniquement la communication des banques à laquelle est associée une architecture au modèle des correspondances des banques, et cette architecture est superposée au système de paiement d’une zone monétaire donnée.
Ce modèle est lié au fait qu’il n’existe pas une plateforme de paiement multi monnaie c’est-à-dire, il fonctionne avec les plateformes monétaires de paiement à monnaie unique.
Donc, si on veut envoyer de l’argent dans les grandes zones monétaires, ou si une banque américaine veut envoyer de l’argent à une banque européenne, elle doit passer par une banque qui a un lien de correspondance avec une banque européenne. La Banque centrale européenne ne gère que l’euro tout comme la Banque Centrale du Congo ne gère que le franc congolais. Lorsqu’elle manipule une devise, elle doit le faire avec le concours du propriétaire de cette monnaie étrangère.
Vu que les transactions qui se font sur le système Swift sont en grande partie en dollar, la FED (Banque centrale américaine) contrôle le système Swift. Par ailleurs, toutes les transactions à travers le monde doivent nécessairement passer par les Etats-Unis. Et les contreparties du système Swift en dollar sont évaluées au moins à 90% du trafic monétaire.
Pour être explicite, le chercheur a donné l’exemple du TMB (RDC), qui pour envoyer l’argent aux États-Unis doit avoir une banque de correspondance, si elle n’en a pas, TMB cherche BOA (Nigéria) qui a une banque de correspondance pour ensuite envoyer à la banque de destination.
« C’est le système de correspondance des banques qui rend le système Swift lent et lourd », souligne-t-il.
Les écritures sont passées manuellement à chaque fois qu’une transaction arrive au niveau d’un nœud correspondant, or chaque pays a un système de paiement et chaque système de paiement à un principe de fenêtre, c’est-à-dire vous pouvez faire passer le paiement dans la plateforme de 6h à 12h, mais également les transferts se font à des fuseaux horaires différents.
Quid de la blockchain ?
La blockchain est un registre partagé et immuable qui facilite le processus d’enregistrement des transactions et de suivi des actifs dans un réseau d’entreprise
Développée à partir de 2008, c’est, en premier lieu, une technologie de stockage et de transmission d’informations. Cette technologie offre de hauts standards de transparence et de sécurité car elle fonctionne sans organe central de contrôle.
Plus concrètement, la chaîne de blocs (blockchain) permet à ses utilisateurs – connectés en réseau – de partager des données sans intermédiaire.



















































