Depuis quatre décennies, les citoyens de la République démocratique du Congo (RDC) n’ont pas droit aux cartes d’identité nationale. La lueur d’espoir annoncée par le Président de la République Félix Tshisekedi qui, avec quelques autorités ont obtenu leurs pièces d’identité, s’est évaporée.
En effet, le gigantesque contrat de production de cartes d’identité nationales biométriques évalué à un milliard deux cents millions de dollars américains a été annulé en raison d’allégations d’irrégularités financières, rapportent Actualite.cd et l’agence Bloomberg.
D’après les informations livrées par ces médias, le directeur général de l’Office national d’identification de la population (ONIP), Richard Ilunga a révélé que c’est depuis le 12 août que le projet a été annulé à la suite d’une réunion entre des représentants du gouvernement congolais et ceux des entreprises qui devaient le réaliser : La société française de biométrie Idemia et un intermédiaire appelé Afritec.
« Les opérations d’identification sont mises en pause jusqu’à nouvel ordre. Nous cherchons le meilleur chemin pour continuer, en excluant personne », explique Richard Ilunga cité par les mêmes sources.
En juin dernier, l’Inspection générale des Finances (IGF) a décelé de graves irrégularités dans le cadre du contrat signé par le gouvernement congolais représenté par l’Office national d’identification (ONIP) et le groupement Afritech/Idemia en vue de la production de cartes d’identité nationale.
Dans un document interne adressé au VPM de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, l’IGF avait remis en cause la fiabilité du contrat entre les deux parties.
Pour cause, la patrouille anti-corruption rattachée à la présidence de la République indique avoir constaté que ce contrat de 697 millions USD dont 104 millions d’apport de l’Etat congolais ( 20 millions USD déjà disponibilisés) et 593 millions USD à apporter par Afritech/Idemia présente les irrégularités.
D’emblée, l’IGF a fait remarquer que le groupement Afritech/Idemia qui avait gagné le marché de production des cartes d’identité nationale ne dispose pas de ressources pour financer sa participation.
De surcroît, la structure dirigée par Jules Alingete est persuadée que le coût total de ce projet est surfacturé en ce qui concerne particulièrement la construction des infrastructures immobilières du projet évaluées à 444 millions de dollars américains.
« Le contrat prévoit que l’Etat Congolais fournisse à ce groupement une garantie devant lui permettre de lever les fonds auprès des banques commerciales. Ladite garantie portera sur la séquestration des avoirs de la Banque Centrale du Congo par la banque commerciale prêteuse.Cette opération tombe dans l’illégalité, voire dans l’impossibilité », relevait l’Inspection générale des finances.
2 milliards USD pour 20 ans!
Mais dans la série d’observations formulées au chef de la Territoriale, l’IGF soulignait que la durée prévue du contrat pour 20 ans de partage des produits du projet ( 2 milliards USD ) dont 60% au bénéfice d’Afritech/Idemia, 20% pour l’Etat congolais et 20% pour le remboursement de la dette ne se justifie pas, étant donné la nullité de l’apport de Afritech/Idemia qui reste conditionné par la garantie de l’Etat.
Outre la surfacturation, l’Inspection générale des finances avait aussi noté que la dénomination utilisée dans ce projet Afritech/Idemia est une « usurpation » du fait que la firme française « Idemia » ne reconnaît pas sa participation à ce projet de cartes d’identité en RD Congo.
En somme, l’IGF exigeait des réponses « satisfaisantes » à ces observations qui, selon elle, constituent des préalables pour la poursuite de ce projet avant l’utilisation de 20 millions USD déjà débloqués par le Trésor Public.



















































