Le gouvernement de la Ville-province de Kinshasa a annoncé le lancement officiel de la nouvelle société de transports en commun, dénommée STK (Société des transports de Kinshasa), pour le 30 juin 2026. Le ministre provincial en charge des Transports et de la Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke a présenté le calendrier et les premières capacités prévues pour cette nouvelle structure.
Selon le ministre, l’opération se déroulera en deux temps : une phase administrative puis une phase opérationnelle, prévue pour intervenir directement dans les mois qui suivent le lancement officiel.
« Nous lançons dans les mois à venir ici STK […] dont nous nous sommes donné l’ambition de pouvoir la lancer officiellement au 30 juin avec une phase administrative et une phase opérationnelle qui suivra directement dans les mois d’après », a indiqué Jésus-Noël Sheke.
790 bus annoncés pour la première phase
Pour la première étape de mise en œuvre, le ministre a indiqué que le gouvernement provincial dispose déjà d’un parc de 790 bus. Il a expliqué que ce volume provient de la combinaison de plusieurs sources dont 490 bus issus du programme « Esprit de Vie » avec l’appui du vice-premier ministre Jean-Pierre Bemba et de 300 bus que la Ville de Kinshasa a acquis localement, en partenariat avec la société « Supreme Automobile » afin de renforcer les lignes existantes et d’étendre l’offre.
Au-delà des parcours traditionnels, le dispositif prévoit aussi le développement de lignes de transports « segmentés » dans le but de faciliter la mobilité intercommunale et d’améliorer la desserte sur l’ensemble du territoire urbain.
« Il y aura une troisième vague qui viendra avec des autobus des grandes capacités avec les concours de la société Vingroup », a annoncé Jésus-Nöel Sheke.
En perspective, il a promis de communiquer le calendrier et les modalités de réception du premier lot de ces véhicules.
« Je ferai très prochainement le déplacement de Vietnam pour assister à l’embarquement du premier lot des autobus », a-t-il fait savoir.
Une réponse aux « leçons du passé »!
Lors de la même sortie médiatique, le ministre a justifié la création de STK en rappelant l’existence, dans le passé, de plusieurs structures et opérateurs de transport ( ayant existé sous d’autres appellations ou périodes). Il a insisté sur l’idée que les autorités souhaitent cette fois éviter la répétition des difficultés rencontrées par certaines sociétés antérieures, notamment en termes de pérennité.
L’approche du gouvernement Bumba consiste à faire de STK non seulement une société exploitante, mais aussi une plateforme visant à regrouper les acteurs, encadrer l’activité et mettre en place des mécanismes de régulation.
Le ministre a souligné l’intention d’ouvrir la structure à des partenaires et investisseurs intéressés par l’exploitation de secteurs du transport comme « business », tout en assurant des conditions de fonctionnement.
« Nous entrons dans le cadre de la gestion des entreprises et tout est question d’options. Nous avons eu Air congo en début des années 60, il y a eu Air Zaïre et par la suite LAC ( Ligne Aérienne congolaise) ça n’a pas empêché l’Etat de pouvoir avoir Congo Airways et à côté avoir aussi Air Congo. Donc, au regard des besoins en mobilité Kinshasa peut fonctionner très bien avec une bonne dizaine de sociétés de transports. Voilà pourquoi nous voulons aller très loin au lieu d’avoir la pluralité des sociétés nous avons voulu mettre STK non seulement comme société exploitant, mais surtout comme une plateforme et de régulation qui ouvre la possibilité aux partenaires et aux investisseurs désireux d’exploiter le secteur de transports comme business de s’y greffer mais avec un certain nombre de facilités », a-t-il assuré.
Vers un système de transport intégré et un « ticket unique »
Kinshasa affirme vouloir construire un système de transport intégré. À terme, l’objectif est de faciliter une utilisation coordonnée de différents moyens de transport au sein de la Ville de Kinshasa, via un ticket unique afin de réduire les ruptures de charge et d’améliorer l’expérience des usagers.
Le ministre a mentionné la mise en place d’un Fonds d’investissement dédiés au développement du secteur des transports, afin de limiter le risque de faillite et d’assurer une meilleure stabilité du dispositif.
« Tirant les leçons du passé, nous voulons faire de STK une plateforme, non seulement de régulation mais ouverte à tous les opérateurs économiques parce qu’à côté nous développons ce que nous avons appelé le Fonds d’Investissement de développement du secteur des transports pour éviter que STK ne se retrouve des situations de faillite comme toutes les autres sociétés », a-t-il conclu.














































