Durant la semaine du 15 avril, la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a séjourné en RDC. À Kinshasa, elle a échangé avec le président Félix Tshisekedi ainsi que le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
Au cœur de son déplacement, un message limpide : dissuader les congolais, demandeurs d’asile. Elle a aussi mis en avant le renforcement de la coopération en matière de retour et de lutte contre l’immigration irrégulière pour des raisons économiques.
Dans ses déclarations, Anneleen Van Bossuyt a affirmé que l’asile ne doit pas être utilisé comme voie de migration motivée par des raisons matérielles ou financières.
« L’asile n’est pas là pour des gens qui cherchent un meilleur avenir pour des raisons économiques ou financières », soutient-elle, ajoutant : « Arrêtez de venir en Belgique pour demander l’asile. Ça ne sert à rien, les chances sont quasi nulles ».
La visite et la stratégie décrites par la ministre ont suscité une réaction du député Julien Ribaudo, membre du Parti du Travail de Belgique (PTB).
Le Travailliste a mis en cause cette position accusant le gouvernement belge de privilégier les intérêts économiques belges et européens liés à la RDC, notamment dans le secteur extractif.
« Madame la ministre vous êtes donc allée en RDC pour expliquer aux congolais qu’ils ne doivent pas venir en Belgique chercher une vie meilleure parce que les motifs économiques ne seraient pas valables. Alors c’est très intéressant parce que pour la bourgeoisie belge, les motifs économiques ont toujours été parfaitement valables. Il y a eu le roi Léopold II pour le caoutchouc, l’Union Minière pour l’uranium et aujourd’hui encore votre gouvernement avec le ministre Franken qui regarde vers la RDC pour sécuriser le cobalt, le cuivre et le coltan.Ça serait bon pour l’économie belge et européenne soit dit tant, passant comme il le dit », a-t-il déclaré.
Pour Julien Ribaudo, les pillages des ressources naturelles congolaises par les puissances occidentales contribue à la précarité des populations locales et alimente les flux migratoires.
« Mais alors il faut aller au bout du raisonnement madame la ministre, parce que tous ces pillages, ces violences pour les ressources congolaises rendent en fait impossible pour de nombreux congolais de rester et d’y construire une vie sûre. Ils ne fuient pas par choix parce que chacun voudrait rester chez lui auprès des siens, ils fuient parce qu’on ne leur laisse pas d’alternative.Et lorsqu’ils fuient par nécessité, ils sont traités par votre gouvernement comme des criminels », a-t-il regretté.
Le député a qualifié la posture du gouvernement belge d’« hypocrisie ». « Alors d’un côté on prend les richesses, de l’autre on refuse les êtres humains. Voilà votre politique madame la ministre, voilà votre hypocrisie », a-t-il asséné.
Selon les chiffres publiés par l’Office des étrangers, le nombre de demandes de protection internationale introduites par des ressortissants congolais est passé de 1.238 en 2023 à 2.422 en 2025. En 2026, 198 demandes ont été enregistrées en janvier et 114 en février. Le taux de reconnaissance pour les demandeurs congolais s’élevait à un peu moins de 15% en 2025, avec des taux plus faibles enregistrés au début de l’année 2026.
Face à cette augmentation, la ministre a présenté sa démarche comme une volonté de reprendre le contrôle des flux migratoires vers la Belgique affirmant que le gouvernement belge va mettre en place « la politique d’asile et de migration la plus stricte de l’histoire du pays ».
Elle a mis en avant une politique de « moins d’arrivées », « davantage de retour » et « aucune tolérance pour les abus ».













































