Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya a plaidé pour un soutien international afin d’établir une politique commerciale efficace, permettant à la RDC de tirer pleinement profit de ses ressources naturelles.
S’exprimant devant un parterre d’experts notamment Rebeca Grynspan, Secrétaire Générale de la CNUCED et Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice Générale de l’Organisation Mondiale du Commerce en marge de la 16e Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), Paluku a mis en avant le potentiel d’investissement de la RDC dans divers secteurs tels que les mines, l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et le tourisme.
Le ministre a relevé la nécessité de changer le paradigme traditionnel d’extraction des matières premières.

« La RDC c’est un scandale avec suffisamment de matières minières. C’est la RDC qui est le réservoir de tous les minerais stratégiques: le cobalt, le lithium, le cuivre, le zinc, le nickel, et tout ce que vous pouvez connaître sur la terre. Mais maintenant, qu’est-ce qui fait qu’on n’arrive pas toujours à atteindre un niveau de développement comme celui que je viens de décrire tout à l’heure ? C’est parce que nous avons été presque dans un modèle qui nous a été imposé, ce qu’on appelle le modèle colonial, d’extraction des matières premières sans jamais y ajouter une valeur ajoutée. La stratégie actuelle du président de la République, est de changer le paradigme de gestion des ressources », a-t-il indiqué.

« Au lieu de ne se limiter qu’à l’extraction des matières brutes et alimenter les industries du Nord, aujourd’hui l’appel est fait pour que la transformation se fasse au niveau local. Parce qu’il a été démontré qu’on ne capte que seulement 3% de la valeur marchande. Le nouveau paradigme, c’est la transformation locale », a ajouté Julien Paluku.
Dans son harangue, le ministre Paluku a également évoqué l’agriculture précisant que la RDC dispose de 80 millions d’hectares de terres arables.
« Nous pouvons nourrir des milliards d’habitants si nous révisons notre gestion des terres », a-t-il affirmé. Cependant, il a précisé que le développement agricole doit s’accompagner d’une amélioration des infrastructures pour acheminer les produits vers les marchés.
Selon lui, ces défis d’infrastructures, loin d’être des obstacles, sont des opportunités d’investissement.
« Nous ouvrons notre pays au monde entier pour attirer des capitaux étrangers », a déclaré Paluku, appelant à une coopération internationale pour transformer la dynamique économique de la RDC.
Parallèlement, le ministre a, lors d’une réunion avec les ministres du G77 et de la Chine, insisté sur l’importance du multilatéralisme face à l’unilatéralisme croissant. Il a plaidé pour que l’OMC prenne des mesures contre les pays qui ne respectent pas les règles du commerce international.
« Ce dont les pays ont besoin, c’est le renforcement de leur politique commerciale. Beaucoup de pays tardent à avoir de bonnes politiques commerciales, les règles qui doivent être dictées, notamment les règles d’origine. Il est important que la CNUCED, comme elle l’a fait avec d’autres pays, puisse accompagner des pays qui ont un potentiel comme la RDC de manière à disposer de politiques commerciales qui leur permettront de faire des échanges avec le monde entier et ainsi contourner cette sorte de populisme qui commence à s’installer et qui nous ramène vers l’unilatéralisme alors que nous voulons tous aspirer vers le multilatéralisme », a-t-il martelé.
Accompagné d’une délégation d’experts, dont l’Ambassadeur Paul Empole Efambe et Jules Muilu Mbo, Paluku participe aux discussions sur le thème « Façonner l’avenir : opérer une transformation économique qui contribue à un développement équitable, inclusif et durable ».




















































