En République Démocratique du Congo, les données actualisées à fin juin 2025 révèlent que le stock de la dette publique s’élève à 13,1 milliards de dollars américains, répartis entre 9 milliards de dollars de dette extérieure et 4,1 milliards de dollars de dette intérieure.
Selon la Direction générale de la Dette Publique (DGDP), le montant total atteint 14,5 milliards de dollars, en incluant les créances de la Banque centrale (BCC) sur le Trésor public.
Malgré cette augmentation de la dette extérieure due à la mise en œuvre de programmes de réformes en partenariat avec le FMI pour stimuler l’investissement et renforcer la résilience économique, le vice-premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito a affirmé que le pays est en mesure de s’endetter jusqu’à 30 milliards de dollars pour concrétiser son ambitieux projet d’augmentation du budget.
« Nous voulons doubler le budget par rapport à ce qu’il était à la fin du premier mandat du président Tshisekedi, le portant à 17 milliards de dollars. Nous pouvons nous endetter auprès de la communauté internationale : notre dette, comparée à notre PIB, est aujourd’hui très faible, n’atteignant même pas 20 % de notre PIB. Nous pouvons donc aller jusqu’à 20 à 30 milliards de ressources extérieures. Nous sommes capables de nous endetter et de rembourser », a déclaré Muzito lors d’une interview accordée à Jeune Afrique.
Pour y parvenir, le vice-premier ministre souhaite s’appuyer sur l’esprit d’équipe, sous la direction de la Première ministre, afin de répondre aux attentes exprimées par le président de la République.
« Aujourd’hui, notre pays peut dégager des ressources pour sa construction, pour les routes et le chemin de fer. Nous pouvons rattraper le retard que Félix Tshisekedi a trouvé à son arrivée au pouvoir en dégageant 8 ou 9 milliards supplémentaires, que nous pourrons consacrer à l’effort de guerre, à l’augmentation des salaires des fonctionnaires et à la construction d’infrastructures », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la gestion du budget dans un contexte d’occupation d’une partie du territoire à l’Est, cet expert en finances publiques a révélé que le gouvernement a mis en place une stratégie pour compenser les recettes perdues dans cette région.
De plus, l’ancien premier ministre a précisé que la majeure partie des recettes ne provient pas de l’Est du pays.
« Nous disposons d’une large assiette fiscale et nous nous efforçons de la mobiliser. Nous trouvons, dans l’Ouest du Congo, suffisamment de moyens pour compenser ce que nous avons perdu à l’Est. Ce n’est pas dans l’Est que nous mobilisons le gros de nos recettes », a-t-il expliqué.
En réponse aux recommandations de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) visant à réduire le train de vie de l’État, Muzito a insisté sur la nécessité d’améliorer les recettes fiscales plutôt que de diminuer le nombre de ministres.
« Pensez-vous qu’en réduisant le nombre de ministres, nous réaliserons des économies substantielles ? Ce n’est pas cela le problème. Le réel défi est d’améliorer les recettes de l’État. Tout le monde aimerait être au gouvernement, mais cela ne signifie pas que tout le monde doit l’être », a-t-il martelé.
Le candidat à la présidentielle de 2023 a précisé que son choix de saisir la main tendue de Félix Tshisekedi est avant tout patriotique.
« Pour ma part, j’ai accepté parce qu’il est nécessaire de faire preuve de solidarité pour affronter notre ennemi commun. En temps de guerre, il n’y a ni gauche ni droite, pas d’opposition ou de majorité. Nous devons tous travailler ensemble, unis par les défis à relever. J’ai entendu cet appel et j’ai choisi d’y répondre. De toute façon, j’ai toujours été disposé à apporter ma contribution, à condition que nous ayons des espaces de convergence », a-t-il déclaré.
Il a réitéré l’engagement du gouvernement à créer des emplois et à relever le défi du développement.
« Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut, par la diplomatie, travailler avec tous les pays du monde pour faire en sorte que la guerre cesse. Parallèlement, nous devons continuer à travailler pour créer des emplois. Le défi est immense : il faudra 20 à 30 ans pour que le Congo se dresse véritablement et prenne sa place dans le concert des nations », a-t-il conclu.
Lors de l’ouverture de la session ordinaire de septembre essentiellement budgétaire, le gouvernement a déposé à l’Assemblée nationale le projet de budget 2026, chiffré à 59 000 milliards de CDF, soit l’équivalent de 20,3 milliards USD.
Carmel NDEO














































