À trois ans de la fin du deuxième et dernier mandat du Président de la République, Félix Tshisekedi, l’opposant Adolphe Muzito a relancé le débat sur la question délicate du changement ou de la révision de la Constitution en vigueur depuis 2006.
Lors d’un entretien avec Jeune Afrique, l’actuel vice-premier ministre du Budget au sein du gouvernement Suminwa s’est déclaré favorable à une modification de la Constitution congolaise.
L’ancien Premier ministre se revendique comme l’héritier du combat mené par ses prédécesseurs, Patrice Emery Lumumba et l’opposant historique Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, en faveur du fédéralisme. Cependant, dans cette lutte pour mettre fin au régionalisme constitutionnel, le leader du parti « Nouvel Élan » affirme ne pas être seul.
« Cela fait dix ans que je défends cette position et que je mène ce combat hérité des pères fondateurs, Patrice Lumumba et Étienne Tshisekedi. Je ne suis pas le seul ; même certains opposants, comme Moïse Katumbi, sont favorables à un État fédéral », a-t-il déclaré d’emblée.
Selon ce membre du gouvernement Suminwa, les innovations à apporter à la Constitution consisteront à accorder plus de pouvoirs au Chef de l’État, ainsi qu’à modifier le mode de scrutin présidentiel. Dans ce cadre, Adolphe Muzito propose que le Président de la République soit élu par des suffrages indirects, où le parti ayant remporté la majorité aux élections législatives nomme le Président.
« Je suis pour la fin du régionalisme constitutionnel. Je ne veux pas non plus du caractère bicéphale de l’exécutif, avec un président de la République et un chef de gouvernement. Je souhaite une seule tête à l’exécutif. En ce qui concerne le mode de scrutin, je préfère que le chef de l’État soit élu de manière indirecte, comme en Afrique du Sud, où le parti qui obtient la majorité nomme le président de la République », a-t-il précisé.
Face à la sensibilité du sujet dans le contexte actuel, l’opposant souligne la nécessité de restaurer d’abord l’autorité de l’État dans l’Est du pays avant d’aborder les questions liées au changement ou à la révision constitutionnelle.
L’ex-Premier ministre sous Joseph Kabila reconnaît la possibilité d’un glissement du calendrier électoral si la guerre dans l’Est du pays persiste.
« Je ne le souhaite pas, mais la guerre pourrait nous y contraindre, puisque une partie du territoire congolais nous échappe. Ce n’est pas un abus, ou alors c’est la situation qui nous abuse. Je ne pense pas que le président Tshisekedi désire ce glissement. J’ajoute qu’il est suffisamment fort ; il a remporté la dernière élection présidentielle avec plus de 70 % des suffrages et peut le refaire. Mais les Congolais accepteront-ils qu’une partie de leurs concitoyens ne participe pas aux élections ? », a-t-il conclu.
Candidat à la présidentielle de décembre 2023, Adolphe Muzito, ex-membre de la coalition Lamuka, s’est rapproché de Félix Tshisekedi en critiquant l’absence de vision structurée et de cohérence idéologique au sein de l’opposition congolaise, qui peine à se constituer en force alternative crédible face à la majorité.
Avant d’intégrer le gouvernement Suminwa II, il a déploré les méthodes extrêmes et les actions désordonnées de l’opposition radicale, soulignant que celle-ci a du mal à articuler une stratégie républicaine fondée sur un projet clair, un programme commun et un dialogue politique responsable.














































