Le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, des Affaires coutumières et de la Décentralisation, Jacquemain Shabani, a désigné le vice-gouverneur Martin Kazembe pour assurer l’intérim à la tête de la province du Haut-Katanga.
Cette décision a été rendue publique ce mercredi 17 juillet, dans un télégramme officiel consulté par ECO24.CD.
Selon ce document, signé au nom du chef de la Territoriale, cette notification fait suite à l’indisponibilité du gouverneur Jacques Kyabula Katwe.
« Tirant les conséquences de l’indisponibilité de Monsieur Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, je vous instruis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer l’intérim afin de ne pas bloquer le fonctionnement de la province, conformément aux règles administratives en vigueur », a écrit Jean Baptiste Ndeze Katurebe, vice-ministre des Affaires coutumières.
Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, n’a pas regagné Kinshasa où il est attendu depuis mardi par le vice-premier ministre de l’Intérieur pour « consultation ».
Alors que des rumeurs concernant sa fuite circulent depuis quelques jours, son entourage affirme que le gouverneur « suspendu » a traversé les frontières pour se faire soigner à l’étranger, et qu’il n’a pas fui.
Kinshasa reproche au gouverneur d’avoir tenu des propos jugés « ambigus » lors de la commémoration du 65e anniversaire de l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale, le 30 juin dernier.
Devant une foule, le gouverneur du Haut-Katanga, membre du présidium et représentant de l’Union sacrée de la Nation, la famille politique du président de la République Félix Tshisekedi en province, a laconiquement commenté la présence de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila au Kivu, notamment dans les zones contrôlées par l’AFC-M23, un mouvement politico-militaire hostile à Kinshasa, créé et dirigé par Corneille Nangaa, ex-président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
Dans son allocution, le gouverneur Jacques Kyabula a rappelé que Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont « Congolais », affirmant que leurs différends devraient être réglés « en famille », tout en désignant le Rwanda comme l’adversaire principal dans le conflit à l’est de la RDC.
Cette convocation urgente intervient dans un contexte de tensions politiques entre le régime en place et le clan de l’ancien président de la République, Joseph Kabila. En effet, l’actuel chef de l’État accuse son prédécesseur de parrainer la rébellion de l’AFC-M23, qui, avec l’appui du Rwanda, contrôle de vastes territoires, y compris d’importantes zones minières dans les provinces du Nord-Kivu.
Les tensions se sont exacerbées après que le Sénat a levé les immunités parlementaires du sénateur à vie, Joseph Kabila, autorisant la justice militaire à engager des poursuites judiciaires à son encontre, notamment pour « haute trahison et participation à un mouvement insurrectionnel ».



















































