Alors que la rébellion AFC-M23 a annoncé avec clarinette, la réouverture de la Caisse d’Épargne du Congo (CADECO), comme une banque parallèle pour répondre à la pénurie du cash dans les villes de Goma et de Bukavu, le gouvernement a qualifié cette initiative « d’illusoire, sans fondement et dépourvue » de toute légitimité et d’assise financière.
Dans son argumentaire, le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba explique que depuis plusieurs années, la CADECO est dans une situation financière difficile, ayant mis fin à sa participation à la chambre de compensation des institutions financières, remettant logiquement en cause sa crédibilité.
« Les banques ont leur lieu de rencontre, où elles discutent sur les transactions. On croise et on ne paie que le net. Celui qui doit plus doit payer à celui qui doit moins. Si on te dit que c’est toi qui dois payer et que tu ne paies pas, tu deviens un élément dangereux dans le secteur bancaire, on te sort. Le fait de te faire sortir de ce cadre signifie que tu n’es plus une institution financière crédible», a explicité le ministre de l’Economie nationale, lors d’un briefing coanimé avec le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le 14 avril courant, à Kinshasa.
Ce membre du gouvernement révèle que la CADECO, dans sa configuration actuelle, avec des fonds négatifs propres, n’a pas de compte à la banque centrale, autorité monétaire de référence en RDC.

«Elle doit plus que ce qu’elle possède comme fonds propres. Et une institution qui a des fonds propres négatifs, elle n’en est plus capable. Et toute institution agréée par la banque centrale doit avoir un compte à la banque centrale. Mais la CADECO aujourd’hui n’a pas de compte à la banque centrale», a-t-il démontré.
En conséquence, le ministre de l’Économie soutient que la République démocratique du Congo n’entend pas brader sa souveraineté monétaire.
« Nous savons que la situation est difficile pour nos compatriotes dans ces zones. Mais nous n’allons pas brader la souveraineté monétaire. Garder les banques ouvertes à Goma et à Bukavu reviendrait à maintenir aussi la Banque centrale. Allons-nous la laisser aux mains des occupants illégitimes ? La réponse du gouvernement est non », indique Mukoko Samba.
« La souveraineté monétaire n’est pas à partager avec qui que ce soit. Nous avons, comme dans tous les pays du monde, une seule institution faîtière dans le secteur bancaire, c’est la Banque Centrale du Congo. C’est elle le socle du système bancaire au pays, c’est elle le superviseur en chef des institutions financières, c’est elle qui les contrôle, y compris les institutions de micro finance», a-t-il martelé.
La rébellion accuse Kinshasa d’avoir fermé les banques dans les zones qu’elle occupe pour asphyxier la population. D’après Corneille Nangaa, cette situation crée une crise de liquidité mettant les distributeurs automatiques hors service, obligeant les habitants à chercher des alternatives informelles et souvent coûteuses pour accéder à des fonds.
Le patron de l’AFC a aussi noté que la désorganisation des flux financiers empêche les entreprises et commerces locaux d’effectuer des transactions bancaires, menaçant toute possibilité de relancer l’économie frappée de plein fouet par la guerre.



















































