L’Assemblée nationale, l’autorité de la politique budgétaire et l’une des institutions budgétivores de la République démocratique du Congo peine à fonctionner faute des moyens. C’est en tout cas l’alerte faite par son président, Vital Kamerhe.
Lors de son allocution au cours d’une plénière, le speaker de la Chambre basse du Parlement affirme avoir déboursé à plusieurs reprises, ses moyens personnels pour répondre à certains besoins de l’Assemblée nationale.
« Nous avons passé beaucoup de jours sans plénière et vous savez pourquoi. Les raisons sont claires: Nous sommes fatigués de continuer à nous débrouiller avec le peu de moyens qui nous reviennent à nous comme individus pour acheter du papier pour l’Assemblée nationale. Nous sommes fatigués. Ça risque d’être une habitude », a asséné d’emblée Vital Kamerhe qui dénonce conditions du travail des élus nationaux.
« Alors que chaque institution doit avoir des frais de fonctionnement, l’Assemblée nationale ne doit pas être considérée comme une petite institution. Nous devons fonctionner dans de bonnes conditions. Nous avons fait beaucoup d’acrobaties pour avoir la plénière. Mais en tant qu’homme d’Etat nous en avons suffisamment discuté avec le Président, les membres de la conférence des présidents, les présidents des groupes parlementaires et des commissions permanentes », a-t-il ajouté.
Dans cette dynamique, Kamerhe a exigé la réfection totale de la salle plénière qui, selon lui, ressemblerait plus à une salle de théâtre.
« Il y a des choses qu’on ne peut pas étaler ici y compris la salle plénière qui est la nôtre, il y’a des gens de certaine taille qui ont du mal à s’asseoir… le jour où j’étais invité ici pour la première fois, j’ai vu que nous étions en danger. De ce côté là le budget existe. Nous allons l’actionner, il faut absolument qu’on refasse cette salle. Partout au monde, les salles de plénière ne sont pas comme des salles de théâtre. Il faut qu’on nous fasse une salle plénière et des conditions d’hygiène appropriées pour les députés », a affirmé le président de l’Assemblée nationale.
Assemblée Nationale victime des coupes ?
Depuis janvier, le président de la République, Félix Tshisekedi avait demandé aux institutions publiques ainsi qu’ à leurs animateurs de réduire leur train de vie afin d’apporter plus de soutien aux forces défense de la République. Il insistait sur l’impératif pour les institutions publiques et leurs animateurs d’adopter un train de vie « plus sobre ».
L’objectif de ce geste patriotique étant de dégager des économies pour contribuer à l’effort de guerre en octroyant une prime exceptionnelle aux militaires, policiers et aux patriotes volontaires « Wazalendo » engagés dans le combat contre le M23 dans l’ Est, cette action visait également à améliorer leur pouvoir d’achat en assurant leur accès aux soins de santé ainsi que pour les membres de leurs familles restreintes respectives.
Pour y arriver, le gouvernement et son Cabinet lui ont soumis des mesures de réduction de train de vie consistant en des coupes, par palier, et devant être opérées sur les frais de fonctionnement et les interventions économiques de la Présidence, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du gouvernement, du pouvoir judiciaire et des institutions d’appui à la démocratie.
Au-delà des efforts spontanés, l’exécutif et le cabinet du président Tshisekedi ont préconisé des coupes portées sur les rémunérations des mandataires publics, des membres des cabinets politiques, du pouvoir judiciaire et ceux des institutions d’appui à la démocratie.
De plus, toutes les subventions non essentielles à accorder à certains organismes publics, ainsi que d’autres acquisitions pour les institutions politiques, judiciaires et assimilées ont été suspendues.
« Doivent également être suspendues pour une durée de 12 mois, les augmentations salariales, les corrections des grades, et les mécanisations des agents publics de l’Etat, autres que les militaires et policiers, sauf dérogation spéciale », indiquait le compte d’une réunion de Conseil des ministres.
Le budget de la chambre basse a été réduit de quelques 70 millions USD pour l’exercice en cours.



















































