Le rapport de la commission économique et financière (ECOFIN) de l’Assemblée nationale sur le projet de loi portant reddition des comptes pour l’exercice 2023, a mis à nu de graves fautes et des dysfonctionnements financiers ayant illustré la gestion du gouvernement, notamment des dépenses d’urgence excessives.
A la suite d’un examen approfondi de ce rapport accablant, la Chambre basse du Parlement, autorité budgétaire, a décidé d’identifier les responsables ou les coupables et de déterminer les mesures à prendre afin que ces actes ne se reproduisent plus.
Dans ce contexte, l’Assemblée nationale, chien de garde de la bonne gouvernance, a annoncé par le truchement de son speaker, Vital Kamerhe, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour cette fin.
« Beaucoup de gens utilisent abusivement l’autorité du pays pour eux-mêmes pour commettre les fautes de gestion, c’est pourquoi nous avons adopté ici qu’il y aura une commission d’enquête. Souvent on se limite aux ministres des finances et du budget non, un ministre qui a dépassé aussi ses crédits ou qu’il les a mal utilisés doit répondre individuellement, un PDG d’entreprise ou mandataire public d’un établissement public qui a commis des fautes de gestion, ce n’est pas son ministre qui doit payer, il faut établir individuellement les responsabilités de chacun. Ce rapport nous a suffisamment éclairés là-dessus », a indiqué le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Lors de la plénière dédiée à l’examen de la Loi sur la reddition des comptes pour l’exercice 2023, Vital Kamerhe a déclaré avoir découvert des dépassements « budgétaires incroyables ». C’est le cas notamment du paiement de 450 000 milliards de francs congolais (environ 154,64 millions de dollars) pour des dettes non certifiées, dont 51 % ont été réglées en procédure d’urgence tandis que le programme de développement local (PDL 145), qui vise à transformer la vie de 145 territoires, n’a reçu que 89 000 milliards de francs congolais (33,68 millions de dollars).
« Nous avons découvert, nous et la population, des dépassements budgétaires incroyables, concentrés dans certains secteurs, tandis que d’autres demeurent totalement négligés. Les dépenses d’urgence ont également dépassé 51 %, établissant ainsi une nouvelle norme. C’est devenu plutôt la loi, vous avez aussi relevé que ce n’est pas le fait seulement du ministère du budget et des finances, mais il est question que l’on puisse établir les responsabilités de chaque responsable de ces actes de mégestion », a-t-il souligné.



















































