Les rideaux du forum d’affaires du Marché Commun pour Afrique Orientale et Australe (COMESA) qui s’est tenu à Bujumbura au Burundi sont tombés.
Émissaire du Président Tshisekedi à ces assises d’importance commerciale et économique pour la sous-région, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, représentant de la République démocratique du Congo, a explicité les thématiques qui ont fait l’objet de réflexions. Il s’agit du développement des chaînes de valeur dans les domaines de l’agriculture, de l’exploitation minière et du tourisme.
Une agriculture résiliente, réponse à la montée démographique
Alors que la désertification prend le galop, le ministre congolais du Commerce extérieur a fait savoir que les Etats membres du COMESA, ont mis l’accent sur l’urgence de prendre des mesures draconiennes pour développer le secteur agricole afin de nourrir la population africaine.
« Je suis heureux d’avoir été envoyé par le Président de la République, lui-même va participer au sommet des chefs d’Etat pour ce business forum que les 21 pays qui font partie du COMESA ont organisé pour examiner des thématiques importantes pour l’avenir de l’Afrique. La première c’était comment nous devons rendre notre agriculture résiliente face au réchauffement climatique parce que la désertification est en train de prendre de l’ampleur et si nous ne prenons pas de mesures, nous allons avoir des difficultés pour nourrir les populations africaines. Pour ceux qui ne le savent pas, la population africaine est 1,3 milliard d’habitants et aujourd’hui la région COMES a à elle seule, a près de 640 millions d’habitants ce qui fait la moitié de la population africaine. Et donc nous étions en train de réfléchir sur comment nous devons améliorer notre agriculture par de nouvelles méthodes notamment l’amélioration des semences qui étaient jusque-là incapables dans une production importante », a confié Julien Paluku à la presse.
« Par hectare on produit 2 tonnes de maïs, difficile de faire face au problème de la montée démographique, mais si on arrive à améliorer par la technologie, par la recherche scientifique, à produire 10 à 12 tonnes à l’hectare, on peut faire face à cette montée en puissance de notre population », a-t-il ajouté.
Dans cet ordre d’idées, la RD Congo a proposé qu’il y ait des programmes communs au niveau de la zone COMESA pour que les programmes du développement ou de transformation agricole soient partagés entre les 21 pays.
Le secteur minier comme pilier de la relance de l’Afrique
Au cours de ce 17eme forum, les 21 États membres ont aussi examiné les voies et moyens susceptibles de faire du secteur minier, vecteur et pilier de la relance économique de l’Afrique. A ce sujet, Julien Paluku a mis en exergue les initiatives prises par la RD Congo pour capter les ressources nécessaires de son potentiel minier.
Il a évoqué la coopération avec la Zambie pour faciliter le développement de la chaîne de valeur des batteries électriques et de l’énergie propre.
« Le Président Tshisekedi est le champion de la création de la chaîne de valeur des batteries électriques avec son homologue zambien. Nous avons partagé cette expérience avec les pays membres du COMESA pour permettre à d’autres États de se joindre à la RD Congo et à la Zambie pour développer la première chaîne de valeur des batteries des véhicules électriques parce que nous n’en tirons que 3% de la valeur marchande de nos produits miniers alors que les 97% sont tirés par d’autres pays à travers le monde. Mais si nous faisons de la transformation, nous allons capter au moins 50% de la valeur de nos produits et cela va permettre à nos budgets africains d’exploser et de permettre le développement de l’Afrique », a-t-il préconisé.
Pour clore, le ministre Paluku a rappelé qu’en 2022 à Niamey, les Chefs d’Etat avaient décidé que tous les pays africains consacrent 10% de leurs Budgets au développement industriel.
« Ce n’est que de cette façon que nous allons amorcer le développement de l’Afrique. Et enfin j’ai parlé de trois peurs », a-t-il martelé avant d’exhorter les participants à braver la peur de commencer et d’investir dans le secteur productif.
« Si nous chassons ces peurs, nous, pays africains, allons amorcer notre propre développement », a-t-il conclu.
Ouvert le 28 octobre, ce 17eme forum s’est tenu sous le thème: « Accélérer l’intégration régionale par le développement des chaînes de valeurs dans les domaines de l’agriculture résiliente au climat, de l’exploitation minière et du tourisme ».














































