La Première ministre, Judith Suminwa a passé au peigne fin les mesures en vigueur de lutte contre la fuite et le blanchiment des capitaux en République démocratique du Congo.
Dans son speech lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministre qu’elle a présidée vendredi dernier, la cheffe du gouvernement est revenue sur la réunion du Comité de Conjoncture Économique élargie à la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) et au Département d’Intelligence Économique et Financière de l’Agence Nationale de Renseignement (DIEF), du 25 septembre 2024, qui a examiné la problématique de stabilisation de la monnaie, tant sur le plan budgétaire que monétaire, ainsi que les facteurs qui l’impactent négativement.
Il appert que la spéculation sur le marché de change s’intensifie suite aux activités de certains bureaux de change agissant en complicité avec certaines banques commerciales.
« Le marché parallèle installé, à cet effet, alimente des réseaux mafieux de l’économie informelle. Ainsi, ces flux illicites constituent l’une des causes de l’inscription de notre pays sur la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI) », a révélé Judith Suminwa, cheffe du gouvernement central.
Dans ce contexte, elle a insisté sur la recommandation du Comité de conjoncture économique du gouvernement à la Commission interministérielle permanente « économie, finances et reconstruction » (ECOFIRE), de prendre toutes les dispositions en vue de ramener les opérateurs économiques au circuit officiel.
« Aussi, devra-t-elle présenter cette série de propositions au Comité de Conjoncture Économique pour examen dans deux semaines », a-t-il renchéri.
Pour juguler cette situation, le gouvernement envisage d’évaluer l’efficacité de la mesure fixant le seuil à 10.000 USD pour les opérations en cash auprès des banques d’une part; et l’équilibre à établir entre l’attrait des investisseurs privés, dont le pays a besoin dans le cadre du Partenariat Public-Privé, et la maximisation des recettes de l’Etat via des dispositifs de recouvrement forcé et des saisies-attribution.
Le GAFI est un organisme international en charge de l’élaboration des normes en matière de prévention et de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC-FT-FP). La finance illicite alimente la grande criminalité, notamment le terrorisme, la corruption, la fraude, le trafic de stupéfiants, l’évasion fiscale, la criminalité environnementale et la cybercriminalité (y compris l’exploitation sexuelle des enfants en ligne), ainsi que d’autres formes de criminalité organisée.
Elle érode également l’intégrité du système financier international et entrave la soutenabilité du développement économique et social. Le réseau mondial du GAFI, qui comprend plus de 200 juridictions, est au centre des efforts internationaux visant à prendre des mesures décisives, coordonnées et efficaces contre ces menaces pour la sûreté et la sécurité de nos sociétés.
C’est depuis juin 2022 que la RDC est sous « surveillance renforcée » du GAFI pour ses failles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Les juridictions faisant l’objet d’une « surveillance renforcée » travaillent activement avec le GAFI pour remédier aux défaillances stratégiques de leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Lorsque le GAFI place une juridiction sous surveillance renforcée, cela signifie que le pays s’est engagé à résoudre rapidement les défaillances stratégiques identifiées dans les délais convenus et qu’il fait l’objet d’une surveillance renforcée. Cette liste est aussi connue sous le nom de « liste grise ».
Alors que le pays est menacé d’être inscrit dans la « liste noire » avec toutes les conséquences y relatives, le Chef de l’Etat a promulgué le 27 décembre 2022, la loi n° 22/068 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.














































