Le gouvernement congolais a pris note des sanctions américaine et européenne à l’encontre de Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, respectivement coordonnateur du mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC) et président de la branche politique du M23, ainsi quelques individus et entités impliqués dans l’insécurité et l’instabilité dans l’Est du pays.
En effet, les sanctions de l’Office of Foreign Assets Control du Département du Trésor des USA ont ciblé des chefs de groupes armés alimentant le conflit et la situation humanitaire catastrophique dans l’Est du pays tandis que celles de l’UE ont ajouté des mesures restrictives contre 9 personnes et une coalition terroriste accusée de violations graves des droits de l’homme et d’entretenir le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité en RDC.
Pour Kinshasa, la prise de ces sanctions ciblées s’inscrit dans une dynamique de lutte contre l’impunité des auteurs des crimes internationaux commis contre sa population et sur son territoire national tels que détaillés dans le dernier rapport du groupe d’Experts des Nations Unies.
Cependant, le gouvernement souligne l’importance de sanctions ciblées supplémentaires contre les dirigeants du Rwanda impliqués dans la chaîne de commandement supervisant la campagne de déstabilisation dans l’Est de la RDC.
« Ces sanctions sont indispensables pour mettre un terme aux violations graves du droit international qui perdurent dans un contexte de tolérance internationale et d’impunité, et pour favoriser un environnement propice à des solutions durables dans les conflits récurrents de la région des Grands Lacs », souligne un communiqué.
En dépit des dénégations rwandaises, les experts de l’ONU continuent de présenter des preuves du soutien actif de Kigali au mouvement armé du M23 dans l’est de la RDC.
À l’ONU, le 19 juin dernier, le groupe d’experts sur le Congo a présenté au Conseil de sécurité son rapport final après une année d’enquête. Dans la continuité des précédents rapports, et notamment le rapport intermédiaire de décembre, les experts onusiens affirment avoir collecté des éléments supplémentaires sur cette implication de l’armée rwandaise dans la province du Nord-Kivu.
Le groupe d’experts donne aussi les noms de plusieurs officiers supérieurs rwandais impliqués dans l’organisation de ces opérations sur le sol congolais. Opérations qui seraient baptisées « Nord-Kivu », conçues et coordonnées par le général James Kabarebe, actuel conseiller défense et sécurité du président Paul Kagame.
Pour les experts, des officiers rwandais ont « de facto pris le contrôle et la direction des opérations du M23 » qui s’est emparé de plusieurs localités depuis fin 2021.
Selon les sources sur lesquelles les experts onusiens s’appuient, l’objectif de Kigali est de renforcer le M23 pour sécuriser des sites miniers et « décimer » le groupe majoritairement hutu FDLR.




















































