La décision controversée de la justice d’autoriser l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi Kadima, soupçonné de détournement des deniers publics destinés au projet de construction des forages, de quitter le pays pour les soins à l’entranger est au cœur d’un tollé.
Alors que l’ex ministre de Développement rural, François Rubota, lui aussi cité dans cette affaire est en détention provisoire à la prison de Makala, le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) craint que l’autorisation accordée à Nicolas Kazadi ne représente une « fuite en avant, une manière de brouiller les pistes et de dissimuler les preuves d’un probable détournement des fonds publics ».
Dans son message d’alerte, le CREFDL fait remarquer que la Loi de reddition des comptes exercice 2022, élaborée par le ministère des Finances sous Kadima ne retrace aucun paiement des projets « forages ».
« Le total des paiements affectés aux investissements transférés en provinces s’élève à 756.180.000 FC (376.959,12 USD) contre les prévisions de 299.551.240.477 FC (149.327.637,32 USD), soit un taux d’exécution de 0,25% alors que le montant décaissé dépasse largement celui renseigné dans les documents comptables; comptables », alerte son coordinateur national, Valery Madianga rappelant que le ministre des Finances est placé comme gestionnaire de la Trésorerie et de l’organisation des services du Trésor en ce qui concerne l’assignation des ordres des dépenses.
« Le ministre de Développement rural a, dans le cas échéant, la qualité d’ordonnateur des dépenses de son ministère, mais le ministre des Finances est à ce jour le seul qui assure cette fonction. Cependant, le ministre de Développement rural voit son influence dans la chaîne des dépenses réduite faute de mise en œuvre du Budget-programme », explique-t-il avant d’ajouter que dans le circuit de la dépense publique, le ministre des Finances dispose de 24h pour approuver ou rectifier l’état de priorisation d’un titre de paiement provisoire.
En ce qui concerne le paiement en mode « d’urgence » des dépenses du projet « forages », le CREFDL précise qu’il ne revient pas au ministre des Finances de déclencher la procédure, plutôt à son collègue du Budget après vérification des pièces.
Qui plus est, cette ASBL rappelle que cette procédure en « mode urgence » ne concerne que les dépenses militaires, les calamités ou les épidémies
« Si rien n’est fait, cette affaire risquerait de ressembler au projet des maisons préfabriquées des militaires, inscrit dans le programme des 100 jours du président de la République, dont 50 millions USD n’ont jamais été retracés et reversés à la caisse de l’Etat », prévient la même source.
Pour pallier cette situation, le CREFDL demande à la justice d’étendre son enquête tout en accédant à tous les Ordres de Paiement Informatisés (OPI) émis par Nicolas Kazadi lors des exercices 2021-2023 et les Tableaux des Opérations Financières (TOF) pour établir les responsabilités de tous les acteurs intervenant dans la chaîne des dépenses publiques.
En outre, ce groupe d’experts en finances publiques recommande à la justice de recourir à l’expertise de la Cour des Comptes pour des analyses approfondies de toutes les pièces comptables.



















































