Le Président de la République Félix Tshisekedi a appelé à la cessation des trafics illégaux des minerais qui alimentent les conflits dans la région des Grands lacs, particulièrement dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Dans son allocution en marge de la Conférence de Paris qui visait à mobiliser la communauté sur l’urgence humanitaire dans la partie orientale de la RDC, le Chef de l’Etat congolais a déclaré que l’avenir de cette zone ne peut être construit sur des trafics transfrontaliers de ressources telles que l’or, le coltan ou le cobalt qui font de la région, une terre fertile à l’activisme des groupes armés.
« Il doit être fait de coopérations économiques formelles, d’infrastructures interconnectées, d’industrialisation locale, de valeurs ajoutées créées sur le continent et d’opportunités offertes à la jeunesse. C’est cela, la paix durable », a déclaré Félix Tshisekedi persuadé que la paix dans les Grands Lacs ne pourra se réaliser que par une intégration économique et une prospérité partagée, plutôt que par le pillage des ressources et la prédation.
Dans ce contexte, le Chef de l’Etat a insisté sur l’importance de parvenir à une paix durable, précisant que cela commence par la cessation de l’occupation des territoires congolais. « Là-dessus, il ne peut y avoir ni double langage, ni compromis moral », a-t-il argué.
Parallèlement, le cinquième président de la RDC a annoncé un plan ambitieux d’aide d’urgence pour la reconstruction des provinces du Nord et du Sud Kivu, visant à mobiliser 5 milliards de dollars d’ici 2026.
Le plan annoncé se concentrera sur la réouverture des écoles, la réhabilitation des centres de santé, le rétablissement des services sociaux essentiels et le retour digne des personnes déplacées.
« Ce plan, que nous concevons comme un pacte national et international, intégrera dans une approche concertée, coordonnée et cohérente l’ensemble des programmes et projets destinés à la stabilisation, au relèvement et au développement durable des provinces affectées. Il ciblera ainsi la sécurité alimentaire car nourrir une famille, c’est déjà commencer la paix. Ce plan sera coordonné, unifié et transparent. Aucun territoire ne sera abandonné, aucune communauté ne sera laissée en marge », a rassuré le Chef de l’Etat en présence de son homologue Français, Emmanuel Macron et du président du Conseil togolais et facilitateur de l’Union Africaine, Faure Gnassingbé.
Le Président a également souligné la nécessité de protéger les plus vulnérables, en renforçant le cadre juridique pour les déplacés et les victimes de catastrophes humanitaires. Cela comprend l’intégration de la Convention de Kampala dans le droit national et l’adoption d’un dispositif de financement durable pour l’action humanitaire.
« Dans cette perspective, une loi sur le financement de l’action humanitaire et de la gestion des risques de catastrophe sera prochainement adoptée afin de doter le gouvernement de mécanismes pérennes de financement conformément au cadre de Sendai 2015-2030 pour la réduction des risques de catastrophe et aux engagements pris lors du sommet humanitaire mondial d’Istanbul en 2016 », a-t-il préconisé.
A cet égard, Félix Tshisekedi a insisté sur l’importance de reconnaître les survivantes de violences sexuelles comme victimes de guerre afin qu’elles soient accompagnées, soignées et réparées. Pour lui, la redevabilité constitue une exigence fondamentale de la paix durable.
« Les administrations parallèles instaurées par l’AFC M23, les violations graves des droits humains et les atteintes aux civils ne resteront pas impunies. Des poursuites seront engagées dans le respect du droit international contre tous ceux qui se rendent coupables de crimes à l’encontre du peuple congolais », a-t-il martelé.














































