La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé l’énoncé du Cadre d’intégration économique régionale (CIER), ouvrant la voie au volet économique de l’accord de paix conclu le 27 juin 2025.
Ce texte, paraphé à Washington grâce à la médiation américaine, englobe divers secteurs tels que l’énergie, les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement des minerais, ainsi que la gestion des parcs nationaux et du tourisme. Il engage les deux nations à lutter contre le commerce illicite et à favoriser leur prospérité mutuelle.
Selon le document publié par le département d’État américain, le cadre d’intégration économique régionale, qui sera élaboré dans un accord distinct, vise à garantir que les initiatives économiques respectent la souveraineté et les réglementations de chaque pays.
Kinshasa et Kigali se sont fixés plusieurs priorités, dont la lutte contre les activités illicites liées aux ressources minières, ainsi que le développement des infrastructures et de l’énergie. Les deux pays ont également souligné l’importance d’une industrialisation durable et d’un partage équitable des bénéfices tirés des ressources naturelles.
Les gouvernements prévoient la création d’un pool énergétique régional, mettant l’accent sur le projet hydroélectrique de Ruzizi III et l’exploitation des ressources de méthane du lac Kivu. Ils souhaitent également développer des infrastructures de transport et de logistique pour faciliter les échanges commerciaux.
L’accord stipule que le commerce des minerais doit être transparent et ne pas alimenter les conflits. Les participants s’engagent à formaliser l’exploitation minière artisanale et à renforcer la traçabilité des ressources, tout en attirant des investissements étrangers dans le secteur minier.
Le développement d’un tourisme transfrontalier durable et la coopération en matière de santé publique font également partie des priorités. Les deux pays envisagent des stratégies communes pour prévenir les épidémies et améliorer la santé des communautés frontalières.
Cet accord représente un tournant significatif dans les relations entre la RDC et le Rwanda, deux pays historiquement marqués par des tensions. En unissant leurs forces pour promouvoir la paix, la stabilité et le développement économique, les participants espèrent créer un avenir prospère pour leurs citoyens et pour toute la région des Grands Lacs.
Comprendre les axes de l’Énoncé des Principes du Cadre d’Intégration Économique Régionale :
1. ÉNERGIE
Les Participants ont l’intention de coopérer pour s’assurer que la production et l’accès à l’électricité pour l’industrie et les ménages augmentent et d’envisager la création d’un pool énergétique régional.
En coordination avec les pays voisins des Grands Lacs et en fonction du plan directeur de l’UA pour un système électrique continentale, les Participants ont l’intention de donner la priorité au bouclage financier du projet hydroélectrique de Ruzizi III et à l’exploitation coordonnée et durable du méthane provenant du lac Kivu pour la production et la transmission d’électricité. Les deux Participants peuvent recourir aux mécanismes multilatéraux de gouvernance de la CEPGL, le cas échéant.
2. INFRASTRUCTURES
Les Participants ont l’intention de coopérer pour développer des infrastructures d’intérêts commun, en particulier les infrastructures de transport, de logistique et de technologies de l’information et de la communication (TIC).
Les Participants ont l’intention de développer les infrastructures de transport de passagers et de marchandises ainsi que des infrastructures d’entreposage, portuaires et commerciales, et coopérer pour attirer et mobiliser les investissements du secteur privé dans les infrastructures qui favorisent la croissance économique dans la région des Grands Lacs.
Les Participants sont déterminés à mettre en œuvre ces actions de manière à ce qu’elles s’inscrivent dans le cadre du Corridor de Lobito bénéficiant du soutien des États-Unis d’Amérique et à faire progresser les deux pays vers une connectivité régionale et internationale améliorée dans les domaines des transports, de la logistique et des TIC.
3. CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT DE MINERAIS
Les deux Participants ont l’intention d’œuvrer dans leur pays respectif et en collaboration l’un avec l’autre afin d’assurer un approvisionnement constant et transparent des marchés internationaux en minerais.
Les Participants s’engagent à coopérer afin de garantir que le commerce des minerais ne serve plus à financer les groupes armés et à créer un secteur minier industriel de classe mondiale dans la région, de la mine à l’utilisateur final, qui apporte une valeur ajoutée aux deux pays et améliore la réputation du secteur.
Les Participants s’engagent également à formaliser l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, à développer les opportunités de nouvelles sources de revenus et à entreprendre des initiatives conjointes pour renforcer la transparence et lutter contre la corruption et le commerce illicite, y compris en améliorant la traçabilité et les normes professionnelles.
Les Participants ont l’intention d’assurer une meilleure interopérabilité transfrontalière, y compris en renforçant la gestion des frontières, et à promouvoir le partage de la valeur, notamment par le biais d’initiatives de développement industriel. Les Participants ont pour objectif commun de créer les conditions nécessaires pour que les plus grandes sociétés d’extraction et de transformation minière du monde investissent dans la région.
4. GESTION DES PARCS NATIONAUX ET TOURISME
Les Participants ont l’intention de coopérer pour renforcer les activités transfrontalières de conservation et de gestion des parcs et pour assurer une gestion de la biodiversité et des écosystèmes qui soit fondée sur la science.
Les Participants s’engagent à élaborer une stratégie de sécurité transfrontalière tout au long de la frontière afin d’améliorer la coordination et la coopération liées aux menaces dans les parcs grâce à des mécanismes coordonnés d’application de la loi et à l’harmonisation de la législation.
Les Participants ont l’intention de créer un environnement propice au développement d’une filière touristique transfrontalière durable et soutenir les opérateurs touristiques des deux pays.
Les Participants ont en outre l’intention d’autonomiser et d’intégrer les communautés dans la conservation grâce au partage proportionnel des avantages et à des moyens de subsistance durables, comme l’introduction d’un système harmonisé de partage proportionnel des recettes touristiques et une politique harmonisée pour le développement des moyens de subsistance des communautés.
5. SANTÉ PUBLIQUE
Les Participants ont l’intention de coopérer en vue renforcer la coopération transfrontalière visant à prévenir et maîtriser la propagation des maladies et à favoriser l’amélioration de la santé publique.
Les Participants s’efforcent de veiller à ce que des efforts conjoints soient déployés dans la zone transfrontalière pour prévenir efficacement les flambées épidémiques, les pandémies et les épidémies, et d’explorer les options de partage d’informations pour promouvoir la recherche scientifique et les opportunités commerciales liées à la santé.
6. AUTRES POSSIBILITÉS D’ÉLARGIR LA COOPÉRATION
Les Participants ont l’intention de coopérer afin de poursuivre la mise en œuvre des initiatives dans le cadre du CIER et identifier de nouvelles opportunités d’initiatives conjointes au fur et à mesure qu’elles se présenteront. Les Participants s’engagent à explorer les options qui permettraient d’accélérer la libéralisation et l’intégration mutuelle des échanges commerciaux.
Les Participants veillent à ce que le CIER demeure une plateforme dynamique, à même de continuer à soutenir l’approfondissement de l’interdépendance économique et la prospérité partagée ; les Participants continuent d’identifier de nouvelles opportunités de coopération au fur et à mesure qu’elles se présentent, y compris dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, de l’agroalimentaire (y compris l’élevage), de l’éducation, du sport et du divertissement.














































