L’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo n’a pas manqué le coche pour critiquer l’absence d’un leadership « de qualité » au sommet de l’État congolais.
Actuellement en exil, le député national a accusé l’administration du président Félix Tshisekedi de ne pas avoir su préserver l’héritage politique et institutionnel laissé sous la direction de Joseph Kabila, alors président de la RDC.
Dans une interview accordée à la Radio France Internationale (RFI), Matata Ponyo note que la RDC illustre, par son parcours, la nécessité d’investir prioritairement dans la formation des dirigeants et des cadres.
Il affirme que, durant son mandat à la Primature entre 2012 et 2016, le pays avait enregistré des progrès vérifiables notamment sur le plan du développement humain.
L’ancien Premier ministre rappelle que, sous le leadership de Joseph Kabila, il a soutenu des réformes ayant contribué à améliorer l’Indice de développement humain (IDH) de 11 points.
« Sous le leadership du président Joseph Kabila Kabange, chef du gouvernement, j’ai pu obtenir en 5 ans l’amélioration de l’indice de développement humain de la RDC de 11 points. Et c’est pour la première fois que la RDC a réalisé ce bon résultat, mais c’est aussi pour la première fois, que l’UNDP a obtenu ce succès par un pays. C’est tout simplement un leadership de qualité », a affirmé l’élu de Kindu dans la province du Maniema.
Pour étayer sa logique, Matata Ponyo a établi un lien direct entre la qualité du leadership et la capacité d’un gouvernement à maintenir des politiques publiques dans la durée. Pour lui, la question n’est pas seulement celle des investissements matériels, mais aussi celle de la « formation des leaders », qu’il juge insuffisamment prise en compte.
« Nous avons compris, en phase avec Platon, en phase avec Aristote, qu’on n’était pas Premier ministre pour nous-mêmes, qu’on était Premier ministre pour les autres. Nous avons créé une compagnie aérienne, mais qui aujourd’hui, du fait du déficit de leadership, n’existe plus », a déclaré Matata Ponyo.
Dans la seconde partie de son propos, le président du LGD a dénoncé la gestion « chaotique » des entreprises publiques. Il cite notamment la société nationale des transports en commun, TRANSCO, ainsi que la compagnie aérienne Congo Airways, en faillite malgré plusieurs tentatives de redressement.
Selon lui, plusieurs réalisations engagées sous son gouvernement se sont progressivement effondrées après son départ.
« Nous avons créé une compagnie aérienne, mais qui aujourd’hui, du fait du déficit de leadership, n’existe plus.Nous avons créé une compagnie de transports publics en commun, avec des bus neufs, qui aujourd’hui n’existe plus. Nous avons créé une infrastructure routière, qui a permis aux cyclistes du monde, y compris français, de venir faire leurs concours, mais ces routes n’existent plus aujourd’hui », a expliqué Mapon qui a également les postes stratégiques de ministre des Finances et de directeur général du Bureau Central de Coordination (BCECO), une agence dont la mission principale est de gérer les projets et programmes sous financement propre ou des bailleurs des fonds, bi et multilatéraux.
Profitant du plateau de RFI, l’ancien chef du gouvernement a aussi évoqué la question de la rémunération des agents et fonctionnaires publics.
Il se vante d’avoir contribué à résorber un retard des salaires, tout en affirmant que ceux-ci sont de nouveau interrompus ou irréguliers. Il soutient avoir œuvré à des paiements réguliers, avant que la situation ne se dégrade.
« Nous avons résorbé le retard des salaires, mais qui sont revenus aujourd’hui. Nous avons payé les salaires régulièrement, mais ces salaires ne sont plus payés », a argué le candidat à la présidentielle de 2023.
Sur le plan économique, Matata Ponyo indique avoir stabilisé le cadre macroéconomique, qui, selon lui, est « non stable ». D’après lui, des politiques menées avec cohérence et continuité sont déterminantes pour maintenir les équilibres économiques.
Dans ce contexte, Augustin Matata Ponyo a appelé les partenaires occidentaux et les institutions internationales a changé le paradigme et leur approche en rapport avec l’intérêt de l’investissement en Afrique pour réduire la pauvreté.
Ce briscard des finances publiques et professeur d’université estime que ces acteurs devraient, selon lui, revoir leur approche: investir dans la formation du « capital humain » passe d’abord, dit-il, par la formation des leaders.
Pour lui, sans leadership solide, même des programmes, des entreprises publiques ou des infrastructures créés ou lancés peuvent s’étioler, disparaître et compromettre les résultats engrangés














































