Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki est visé par une motion de censure déposée au Bureau de l’Assemblée provinciale siégeant à Uvira, actuelle capitale depuis la prise de la ville de Bukavu.
Dix-huit (18) députés provinciaux l’accusent de plusieurs griefs portant notamment sur la gouvernance administrative, des allégations de détournements de fonds et la gestion chaotique des infrastructures et du patrimoine.
D’entrée de jeu, les députés signataires accusent le chef de l’exécutif d’avoir promulgué « frauduleusement » l’édit budgétaire 2026 sans vote préalable de l’Assemblée provinciale, en rejetant ensuite la responsabilité sur cette dernière.
Dans le document adressé au président de l’organe délibérant, les élus ont également relevé des faits particulièrement graves sur le plan financier.
Les signataires affirment que le gouverneur a détourné 5,5 millions USD par mois depuis son investiture, soit 44 millions USD sur huit mois (entre juin 2024 et février 2025) sans qu’aucun projet de développement ne soit réalisé en contrepartie.
Parmi les montants cités dans la motion figurent notamment :
- 700 000 USD destinés à l’identification des Wazalendo ;
- 330 000 USD en chèques sans provision, émis dans cinq territoires et trois mairies ;
- 90 millions USD de fonds STAR-EST pour les territoires de Kalehe, Fizi, Uvira et Mwenga logés à la Rawbank sur financement de la Banque mondiale;
- 600 000 USD de recettes de la Taxe spéciale conventionnelle à Bukavu et 90 000 USD à Uvira;
- 677 000 USD de recettes minières transférées via mobile money (mai à décembre 2025) ;
- 1,7 million USD reçu du gouvernement central en février 2026 pour la restauration des institutions après la reprise d’Uvira.
Les députés évoquent également des retraits illégaux de 400 000 USD en cash et de 10 lingots d’or (pour un total de 15,712 kg ) placés sous séquestre judiciaire à la CEEC dans une affaire impliquant des ressortissants chinois condamnés à 7 ans de prison par le Tribunal de Grande Instance de Bukavu.
Dans ce même document, ils ont dénoncé de « contre-vérités » devant le Chef de l’État, notamment concernant l’arrestation d’une soixantaine de ressortissants chinois et l’existence d’environ 1 700 entreprises chinoises opérant clandestinement dans la province.
En ce qui concerne la gestion du patrimoine provincial, les élus affirment que des véhicules provinciaux ont été détournés à l’arrivée de ses services à Uvira après la chute de Bukavu. Ils reprochent également l’absence d’initiatives en matière de voirie dans les villes de Baraka, Uvira et Kamituga.
Pour étayer les accusations, ils ont souligné que certains travaux routiers financés par le gouvernement central ont été « instrumentalisés » afin d’en attribuer le mérite au gouvernorat.
Par ailleurs, les élus ont fustigé des nominations « clientélistes » au sein des centres d’ordonnancement fondées sur des liens familiaux et tribaux, en violation du règlement comptable du 6 novembre 2013.
Dans un contexte d’aggravation de la crise sécuritaire, les initiateurs de la motion reprochent au gouverneur d’avoir tenu des propos visant, d’une part, à démobiliser les Forces armées de la République démocratique du Congo et les Wazalendo et d’autre part, à faire l’apologie des rebelles du mouvement AFC/M23.















































