Certains pourraient qualifier cette situation de réclamations familiales. Réhabilité après une année de suspension, l’Inspecteur Général des Travaux, Jean-Claude Muyuku Mboyo, a été de nouveau suspendu ce mardi 10 février, soit cinq jours seulement après la reprise de ses fonctions.
Lors de la cérémonie de remise et reprise qui s’est tenue ce jeudi 5 février à l’Inspection Générale du Travail (IGT), en l’absence de son prédécesseur Ézékiel Mpiana, l’Inspecteur Général a prononcé un discours tendancieux ciblant des fonctionnaires originaires de l’espace Katanga.
« J’ai pris la ferme décision de reprendre mes fonctions aujourd’hui, et ceux qui viennent du Katanga n’ont que 48 heures pour rentrer chez eux », a-t-il déclaré.
En réponse, le Vice-Premier Ministre et Ministre en charge de la Fonction Publique, Jean-Pierre Lihau, a fermement condamné les propos de ce haut fonctionnaire, les qualifiant de « discriminatoires, divisionnistes et régionalistes ».
« Concernant le cas de l’Inspection Générale du Travail, et conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, j’ai réintégré M. Mboma Muyuku Jean-Paul, le seul haut fonctionnaire de ce secteur portant le grade statutaire de Secrétaire Général de l’Administration Publique, grade auquel il a été nommé par ordonnance du Président de la République le 22 mars 2024. Toutefois, à la lumière de la gravité des propos qui lui sont imputés dans des vidéos qui m’ont été transmises, dans lesquelles il semble clairement stigmatiser des agents issus d’une partie du territoire national, je souligne que tout discours discriminatoire, divisionniste ou régionaliste ne saurait être toléré dans un contexte où nous nous efforçons, sous l’autorité du Chef de l’État, de renforcer l’unité et la cohésion nationale », a affirmé le Vice-Premier Ministre.
De plus, Jean-Pierre Lihau a indiqué qu’il possédait d’autres éléments graves, avec preuves à l’appui, susceptibles de compromettre l’honneur et la dignité des fonctions de M. Mboma.
« En vertu de l’article 41, alinéa 6, de la loi relative au Statut des Agents de carrière des services publics de l’État, et en attendant l’issue des enquêtes d’ores et déjà diligentées, j’ai décidé de suspendre M. Mboma Muyuku Jean-Paul, matricule 726-180, grade Secrétaire Général, fonction Inspecteur Général du Travail, de toutes ses fonctions au sein de l’administration publique avec effet immédiat », a annoncé le responsable de l’administration publique.
En attendant les résultats de l’enquête, Jean-Pierre Lihau a précisé qu’un haut fonctionnaire du secteur, titulaire du grade statutaire des directeurs nommés, assurerait l’intérim.
« Rien, absolument rien, ne peut justifier de tels propos irresponsables, qu’ils soient tenus hier, aujourd’hui ou avant-hier. Les hauts fonctionnaires de l’État, comme tous les fonctionnaires, sont tenus à des exigences d’éthique et de moralité. Nous y veillerons désormais avec davantage de vigilance et de pugnacité. La loi est sévère, mais c’est la loi », a martelé le VPM Lihau.
De son côté, l’Inspecteur Général suspendu a affirmé que ses propos, datant de plus de neuf mois, avaient été sortis de leur contexte.
Dans sa mise au point, il a précisé qu’il s’agissait d’une communication interne relative aux inspecteurs ayant quitté la province du Katanga pour Kinshasa sans affectation officielle, sous l’intérim d’Ézékiel.
« Il existe une vidéo virale sur les réseaux sociaux me traitant de tribaliste. Je tiens à préciser que dans le Grand Katanga, il y a des inspecteurs originaire du Grand Bandundu, de l’Equateur et du Kongo Central. De la même manière, une partie d’Inspecteurs du Travail qui sont venus du Katanga pour l’administration centrale sans commission d’affectation. C’est pourquoi j’avais demandé, sur le plan administratif, que ceux qui étaient affectés dans le Grand Katanga regagnent leur lieu d’affectation afin de régulariser leur situation », a-t-il expliqué, estimant que cette communication n’avait aucun caractère tribal ni intention de stigmatiser une communauté.
Ses services de communication ont dénoncé la manipulation et la distorsion de l’information visant à créer « artificiellement des tensions et à attribuer faussement à l’actuel Inspecteur Général des propos qu’il n’a jamais tenus ».
« Il est donc erroné d’affirmer qu’il aurait déclaré une « guerre aux Katangais », ont-ils conclu.




















































