Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa a suspendu lundi 02 février, Kalombola Lisendja Bernard de ses fonctions de Président du Conseil d’Administration du Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).
Le ministre précise que cette mesure fait suite à une injonction adressée au Procureur Général près la Cour d’appel de la Tshopo, demandant l’ouverture d’une enquête sur les allégations pesant contre le PCA suspendu.
En parallèle, Ngefa a désigné l’activiste de droits humains, Kitenge Senga Dismas, comme Président du Conseil d’Administration intérimaire afin de garantir la continuité des opérations et la mise en œuvre efficace des missions du FRIVAO, qui a pour but d’indemniser les victimes d’activités illicites.
Le FRIVAO est chargé de répartir les indemnités aux victimes des violences liées aux activités illicites de l’Ouganda en RDC, particulièrement à Tshopo.
Dans le cadre de cette mission, le gouvernement met un point d’honneur à assurer que les fonds soient utilisés de manière appropriée et qu’ils atteignent effectivement leurs destinataires.
Dans son arrêt du 9 février 2022, la Cour internationale de Justice a condamné l’Ouganda à verser 325 millions de dollars américains de réparations suite à ses activités belliqueuses à Kisangani.
Sur ce montant total, 225 millions de dollars étaient destinés à financer la réparation des dommages causés aux personnes, comprenant les pertes en vies humaines, les viols, le recrutement d’enfants soldats et les déplacements de civils ; 40 millions de dollars pour les dommages causés aux biens, et 60 millions de dollars pour les dommages afférents aux ressources naturelles.
Cependant, selon une enquête menée par le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), sur la somme de 105 millions de dollars mise à la disposition du FRIVAO pour indemniser les victimes, seuls 2,08 millions de dollars, soit 1,98 % de ce montant, ont été versés aux victimes.
Le CREFDL a pointé plusieurs irrégularités dans la gestion de ces fonds, notamment le fait qu’aucune loi de finances ne retrace l’encaissement des montants dans les comptes de l’État et que FRIVAO n’apparaît pas dans les documents budgétaires officiels.
FRIVAO: le symbole d’une gestion défaillante
En novembre 2025, le ministre a dénoncé une gestion « défaillante et injuste » par « une crise de gouvernance, des dérives financières et des tentatives d’instrumentalisation politique locale » à la base de profondes frustrations au sein de la communauté de la Province Orientale où ce fonds opère.
Face à cette gestion chaotique, ce membre du gouvernement a affirmé que la gestion de FRIVAO sera axée sur « la transparence, la crédibilité, la traçabilité », afin d’assurer une administration « rigoureuse et équitable, excluant toute partialité et mécontentement ».
Le garde des Sceaux a appelé le parquet à mener des enquêtes sur des faits de « corruption, de rançonnage et de détournement » de fonds destinés à indemniser les victimes des atrocités illicites commises par l’Ouganda en RDC.
Dans un courrier adressé au procureur général près la Cour de Cassation, le ministre dénonce des cas élevés d’individus se faisant passer pour des responsables d’associations de victimes des conflits des 1, 3 et 6 jours dans la grande orientale.
Ces imposteurs, selon Ngefa, procéderaient à des identifications illégales de victimes, agissant dans des régions non reconnues par l’arrêt de la Cour Internationale de Justice (CIJ).
Les opérations menées par ces faux agents se dérouleraient sans aucune autorisation du Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Plus inquiétant encore, des mandataires officiels auraient poursuivi ces activités durant la suspension du Fonds, exacerbant ainsi un environnement déjà précaire.
Au cours de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 23 janvier, Guillaume Ngefa a révélé que le nombre de victimes certifiées à Kisangani est passé de près de 3 000 à plus de 14 000, voire 16 000, révélant des pratiques de fraude, de manipulation et de pressions politiques locales.
Qui plus est, il a souligné la confusion entre les indemnités judiciaires et les attentes sociales élargies jusqu’à l’usage abusif des fonds pour le fonctionnement courant du FRIVAO.














































