Telle une goutte d’eau qui fait déborder le vase, le récent protocole d’accord signé lundi 19 février à Bruxelles, entre l’Union Européenne et le Rwanda sur les chaînes de valeur durables pour les matières premières critiques et stratégiques a sonné comme un glas au sein du gouvernement de la RDC.
D’emblée, Kinshasa qui dit reconnaître la souveraineté des parties signataires, dénonce néanmoins, un accord qui encouragerait le pillage des ressources naturelles congolaises par le Rwanda.
Dans une déclaration faite mercredi 21 février, le gouvernement congolais rappelle que ce partenariat contrarie les engagements de l’UE pris lors de la 2ème session du dialogue politique RDC-UE tenu à Kinshasa les 5 et 6 octobre 2020.
A l’issue de ces assises, l’UE s’était engagée notamment à « tirer profit de la mise en œuvre du règlement européen sur les minerais de conflit (3T et or) et les autres dispositions pertinentes, dont celles mentionnées par le Dodd- Franck Act, pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale des minerais originaires de la RDC ».
En effet, dit le chef de la diplomatie congolaise, le sous-sol rwandais ne regorge pas de minerais critiques et stratégiques ( coltan, cobalt, lithium, niobium…) actuellement recherchés dans le monde.
Se basant sur les enquêtes du Parlement congolais, des groupes d’experts de l’ONU, des ONGs nationales et internationales, Christophe Lutundula souligne qu’il a été établi qu’à travers de multiples réseaux mafieux et des sociétés-écrans montées par ses dirigeants, le Rwanda tire ces minerais et autres matières premières stratégiques de la RDC qui en regorge en abondance.
Il estime que cet accord donne des béquilles au Rwanda pour continuer à agresser la RDC.
« Dès lors, s’arranger avec le Rwanda pour développer les chaînes de valeur durable pour les matières premières critiques et stratégiques qu’il ne possède pas, ne peut avoir pour conséquence que d’accentuer l’exploitation illicite des richesses naturelles du Congo par le Rwanda dont la prospérité est fondée sur cette activité criminelle et de lui donner davantage les moyens d’agresser la RDC », a argué Christophe Lutundula.
Par conséquent, Kinshasa considère la signature de ce protocole intervenue, quelques jours après la déclaration à Kigali du Chef de l’Etat de la Pologne, pays membre de l’UE, de fournir au Rwanda des armes « en cas d’attaque extérieure », comme un acte « très inamical qui n’est pas de nature à favoriser la confiance mutuelle entre la RDC et l’Union Européenne ».
En somme, le gouvernement congolais exige des explications des autorités européennes et une clarification de ce comportement qu’il juge « ambigu » alors qu’elles ne cessent d’affirmer leur volonté de contribuer à la fin de la crise sécuritaire à l’Est ainsi que de l’exploitation illicite de ses richesses naturelles.
Lors de la signature de cet accord, l’Union européenne s’était engagée à mobiliser des fonds en faveur du Rwanda, pour le déploiement des infrastructures nécessaires au développement des chaînes de valeur pour les matières premières, y compris en améliorant le climat d’investissement.
L’UE avait également promis de renforcer le rôle du Rwanda dans la promotion du développement durable et des chaînes de valeur résilientes en Afrique.




















































