À l’occasion de la commémoration du génocide congolais, le Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, a exprimé sa déception face aux récents efforts diplomatiques du gouvernement congolais.
Dans une déclaration faite samedi 02 août, Mukwege a rappelé l’ampleur tragique de la deuxième guerre du Congo, le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a ouvert la voie à plus de trois décennies de violences et d’exploitation.
« En ce jour, nous rendons hommage aux victimes et aux communautés martyrisées par des décennies d’asservissement et d’extermination planifiée depuis 1998», a déclaré Mukwege soulignant que la guerre qui secour les Kivus s’inscrit dans une continuité de planification malveillante qui remonte à 1998, alimentée par le désir de contrôle des richesses minières congolaises.
Pour étayer son propos, le « réparateur des femmes » s’appuie sur le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations Unies qui met en lumière le rôle central du M23, soutenu par l’armée rwandaise, dans l’accaparement des ressources stratégiques du pays.
Dans la foulée, le candidat à la présidentielle de décembre 2023 a critiqué les autorités congolaises pour leur tendance à conclure des accords de paix « précipités » qu’il qualifie de « bradage des ressources nationales et d’abandon de la souveraineté ».
« Après des décennies de pillages et de crimes, les autorités congolaises poursuivent le bradage de nos ressources et l’abandon de notre souveraineté avec la conclusion d’accords de paix précipités, opaques et non-inclusifs. A l’instar de la présence prédatrice des Chinois opérant en RDC, les récentes initiatives diplomatiques s’inscrivent une fois de plus dans une logique extractiviste néocoloniale choquante », a-t-il lancé.
« Pour chercher à abtenir la paix, le régime de Kinshasa s’est engagé à travers les Accords de Washington et de Doha à légaliser le pillage de nos ressources et à légitimer l’occupation de nos agresseurs », a-t-il ajouté.
Le Dr Mukwege a appelé à une diplomatie congolaise plus proactive, réitérant son plaidoyer pour l’établissement d’un Tribunal Pénal International pour la RDC et des sanctions contre les agresseurs. Il a réaffirmé que la justice pour les millions de victimes congolaises est non négociable.
Alors que les rebelles de l’AFC/M23 continuent de semer la terreur et de promouvoir un projet de fédéralisme, menaçant l’intégrité territoriale de la RDC, Mukwege a averti que sans une prise de conscience collective, la population risque de devenir la dernière génération à vivre dans les frontières actuelles du pays.
« Il est révoltant de constater que le plan de balkanisation de la RDC poursuit inexorablement son cours. Après l’invasion des zones minières et l’installation d’administrations parallèles, les rebelles de l’AFC/M23 s’appuient sur le climat de terreur qu’ils ont instillé dans les terntoires qu’ils occupent pour promouvoir un fédéralisme qui préfigurera l’éclatement du pays, alors que toutes les structures de la République sont en faillite. Ces revendications s’inscrivent clairement dans un plan bien huilé des acteurs de la déstabilisation de la Nation congolaise de concourir à la naissance d’un nouvel État dans l’Est de notre pays », a indiqué le Prix Nobel de la paix 2018.
Le lauréat du Prix Sakharov 2014 a encouragé l’organisation d’activités de commémoration à travers le pays et à l’international, tout en rappelant que « personne ne viendra sauver le Congo à notre place ».




















































