Le gouvernement américain, qui dirige les pourparlers entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, exige que ce dernier retire ses troupes de l’est du Congo avant que les deux parties ne signent un accord de paix.
Hormis le retrait des troupes rwandaises présentes sur le territoire congolais, un projet d’accord de paix consulté par l’agence de presse britannique Reuters, indique qu’une des conditions de signature est que le Rwanda retire les armes et l’équipement militaire des RDF de la RD Congo. L’authenticité de ce document, qui n’est pas daté, a été confirmée par quatre sources diplomatiques, qui ont précisé qu’il avait été rédigé par des responsables américains.
Cet accord va au-delà d’une simple déclaration de principes signée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays lors d’une cérémonie à Washington en avril, en présence du secrétaire d’État Marco Rubio. Ce document stipulait que les deux parties aborderont toutes les questions de sécurité en respectant l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’autre.
Selon des informations de cette agence de presse britannique, qui cite des sources diplomatiques et des analystes, le Rwanda avait déployé entre 7 000 et 12 000 soldats dans l’est du Congo pour soutenir les rebelles du M23, après que ce groupe a pris les deux plus grandes villes ( Goma et Bukavu) de la région dans une avancée rapide. Cependant, Kigali a toujours nié avoir fourni des armes et des troupes au M23, affirmant que ses forces agissent en légitime défense contre l’armée congolaise et les miliciens hutus, FDLR, liés au génocide de 1994, qui a coûté la vie à environ un million de personnes, principalement des Tutsis.
Le Rwanda n’a pas encore répondu au projet d’accord produit par les États-Unis la semaine dernière. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a indiqué à Reuters que des experts du Congo et du Rwanda se réuniraient cette semaine à Washington pour discuter de l’accord.
En République démocratique du Congo, un haut fonctionnaire du bureau du président Félix Tshisekedi a accusé le Rwanda de « traîner les pieds » sur ce projet et a affirmé que le retrait des troupes rwandaises était essentiel pour faire avancer le processus de paix.
« Nous exigeons le retrait total des troupes rwandaises comme condition préalable à la signature de l’accord, et nous ne ferons pas de compromis », a déclaré cette source.
Le projet d’accord produit par les États-Unis prévoit également un « mécanisme conjoint de coordination de la sécurité », qui pourrait inclure du personnel rwandais et des « observateurs militaires étrangers » pour traiter les questions de sécurité, y compris la présence continue au Congo de milices hutu rwandaises.
Les analystes estiment que le groupe le plus souvent cité, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, ne représente plus une grande menace pour le Rwanda, bien que le gouvernement du président Paul Kagame continue de le décrire comme une menace existentielle.
Le projet d’accord stipule également que la RDC s’engagera à permettre au M23 de participer à un dialogue national « sur un pied d’égalité avec d’autres groupes armés non étatiques de la RDC », une concession majeure pour Kinshasa, qui considère le M23 comme un groupe terroriste et un mandataire rwandais.
La RDC est engagée dans des pourparlers directs séparés avec le M23 concernant un éventuel accord pour mettre fin au dernier cycle de combats. Le projet d’accord précise que le Rwanda prendra toutes les mesures possibles pour garantir le retrait du M23 des territoires qu’il contrôle, conformément aux conditions convenues à Doha.
Une source informée du processus a indiqué à Reuters la semaine dernière que le Qatar avait présenté un projet de proposition aux deux délégations, qui consulteraient leurs dirigeants avant de reprendre les pourparlers. Cependant, un responsable rebelle a déclaré qu’il y avait eu peu de progrès vers un accord final qui verrait le M23 céder du territoire.
Pour l’histoire, l’administration du président Donald Trump mène des pourparlers pour mettre fin aux combats dans l’est du Congo et pour attirer des milliards de dollars d’investissements occidentaux dans cette région riche en minéraux, notamment le tantale, l’or, le cobalt, le cuivre et le lithium.
En mai dernier, son conseiller principal pour l’Afrique, Massad Boulos a déclaré que Washington souhaitait finaliser un accord de paix dans un délai d’environ deux mois, un objectif ambitieux pour résoudre un conflit aux racines remontant au génocide rwandais d’il y a plus de trois décennies.




















































