Tel Jean-Baptiste, la tête du ministre de la Justice, Constant Mutamba, a été livrée sur un plateau lors de la plénière de ce jeudi 29 mai à l’hémicycle de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.
Si Jean-Baptiste a été injustement décapité à la demande de Salomé, fille d’Hérode Antipas, Tétrarque de Galilée, le ministre Mutamba ne semble pas irréprochable dans le dossier relatif au détournement présumé de fonds publics destinés à la construction d’un complexe pénitentiaire à Kisangani. Ce projet d’une valeur de 39 millions de dollars américains visait à désengorger la prison centrale de Makala à Kinshasa.
Les accusations pesant sur le jeune ministre sont lourdes : des marchés conclus sans respecter les procédures légales, avec une société sans expérience ni personnel qualifié, et sans documents fiscaux valables.
Le réquisitoire du Procureur soulève également des anomalies manifestes, telles que l’absence d’approbation de la Première ministre et de transparence dans le processus.
Pour étayer ses accusations, le Procureur s’est référé à une note de la Direction générale du contrôle des Marchés Publics (DGCMP), qui a averti que le contrat avec la société Zion Construction SARL n’avait reçu ni approbation ni validation budgétaire. De plus, la source de financement n’était pas clairement identifiée, et les documents requis étaient incomplets.
Lors de son audition par la Commission, le procureur général, Firmin Mvonde a révélé que le ministre de la Justice aurait exercé une « forte » pression sur la directrice générale adjointe de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP) pour obtenir une autorisation spéciale pour attribuer le marché à une entreprise qui n’existait pas avant 2024 et ce, sans les pièces sollicitées.
Relations tendues avec la Première ministre
Pour sa part, Constant Mutamba a évoqué un malaise entre lui et la Première ministre, Judith Suminwa. Il a décrit un climat de travail conflictuel, aggravé par des décisions qui l’ont exclu de la présidence de la Commission des lois, traditionnellement dirigée par le ministre de la Justice.
Mutamba: mes réformes dérangent !
Le ministre de la Justice, Mutamba a également mentionné des tensions avec le procureur général près la Cour de Cassation, qui, selon lui, ont entravé une collaboration professionnelle. Cette situation est exacerbée par sa demande d’enquête sur un bien immobilier acquis à l’étranger par le Procureur, qui lui aurait proféré des menaces d’arrestation.
« Cette situation belligène est due à la contestation systématique des initiatives de réformes menées par son ministère qui, manifestement dérangent les intérêts économiques illicites et les réseaux mafieux qui gangrènent le secteur de la justice. Elle s’est aggravée avec la demande d’enquête du ministre d’Etat sur l’acquisition à l’étranger d’un bien immobilier par l’actuel procureur général, près de la Cour de Cassation, qui, à plusieurs reprises, lui a proféré des menaces d’arrestation », rapporte la commission paraphrasant le ministre Mutamba qui estimait que ces antécédents devraient être pris en compte dans l’examen du réquisitoire à son encontre.
Après avoir confronté les deux parties, les députés nationaux par le biais de la Commission spéciale chargée d’examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, ont donné leur aval à la justice afin de poursuivre le ministre Mutamba pour détournement présumé de plusieurs dizaines de millions de dollars américains.
Ladite commission estime que les faits mis à charge du ministre de la Justice sont d’une extrême gravité.




















































