L’ancien Président de la République, Joseph Kabila est vent debout contre la décision du gouvernement central de fermer les institutions bancaires à Goma et à Bukavu, tout comme dans toutes les zones occupées par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo, vitrine politique du groupe armé M23.
Lors de son adresse à la Nation, Kabila a. indiqué que cette décision prise par les autorités, asphyxie les populations dans les zones occupées au Nord et Sud-Kivu.
« J’ai choisi ce moment pour exprimer ma sympathie à l’endroit de toutes les victimes du conflit en cours; de réconforter et de marquer ma solidarité avec la population de la partie orientale de notre pays, vous qui êtes abandonnés par un pouvoir central qui semble avoir pris le parti de vous punir, entre autres, en déconnectant les institutions financières locales du réseau bancaire national, et en restreignant les mouvements des personnes et des biens », a déclaré le sénateur à vie.
« Ces décisions et bien d’autres, vous asphyxient et rendent votre vie plus précaire que jamais », a-t-il.
Dans ce contexte, il a demandé au gouvernement congolais, d’humaniser les conditions de vie de civils de cette partie du territoire national. « Ils ont droit à la vie, à la scolarisation de leurs enfants et aux autres conditions du bien-être », rappelle Kabila.
Depuis la prise de Goma le 27 janvier dernier, les banques et coopératives financières ont fermé leurs portes, entravant la circulation de la monnaie et bloquant des projets en cours. Lors d’un échange le 12 février avec des responsables du M23, les banques ont indiqué qu’elles n’ouvriraient qu’à l’instruction des autorités monétaires à Kinshasa, notamment de la Banque Centrale du Congo (BCC).
La rébellion accuse Kinshasa d’avoir fermé les banques dans ses zones pour asphyxier la population. Selon Nangaa, coordonnateur de l’AFC-M23, cette situation crée une crise de liquidité, rendant les distributeurs automatiques inopérants et obligeant les habitants à recourir à des alternatives informelles, souvent coûteuses, pour accéder à des fonds.
De plus, la désorganisation des flux financiers empêche les entreprises locales de réaliser des transactions bancaires, menaçant ainsi la relance de l’économie durement touchée par la guerre.
Pour contourner cette décision, la rébellion a relancé les activités de la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO) comme un plan de relance financière, visant à rétablir les services bancaires dans les zones sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo.
À cette occasion, Nangaa a même publié un acte créant l’Autorité de Régulation du Secteur Économique, Financier et des Assurances, qui est censée jouer le rôle de la Banque Centrale dans les territoires contrôlés par l’Alliance Fleuve Congo.
Le gouvernement a qualifié cette initiative d’illusoire, sans fondement et dépourvue de légitimité.
Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a précisé que la CADECO traversait une grave crise financière et avait cessé de participer à la chambre de compensation des institutions financières, remettant en question sa crédibilité.
Il a également souligné que la fermeture des banques vise à préserver la souveraineté monétaire de la RDC.




















































