La compagnie nationale rwandaise RwandAir fait face à une crise majeure suite à la décision du gouvernement congolais de fermer son espace aérien à « tous les avions civils et d’État enregistrés ou basés au Rwanda » depuis le 12 février dernier.
Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 12 mai, Yvonne Manzi Makolo, directrice générale de RwandAir, a exprimé sa déception face à l’ingérence politique dans les affaires aériennes.
Parmi les conséquences notables, elle a évoqué la suspension de destinations telles que Brazzaville, Abuja et Cotonou, en raison d’une augmentation significative des temps de vol.
« L’impact de la fermeture de l’espace aérien de la RDC pour le Rwanda est extrêmement négatif. Il est regrettable que la politique interfère dans le secteur de l’aviation, mais nous travaillons à nous adapter. Malheureusement, nous avons dû suspendre certaines lignes, comme celles vers Brazzaville, Abuja et Cotonou, car les temps de vol sont devenus trop longs. Toutefois, nous réaffectons cette capacité vers d’autres destinations à l’est et au sud, en ajoutant des fréquences supplémentaires », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que la compagnie envisage d’ouvrir de nouvelles lignes.
« Les destinations les plus immédiates que nous envisageons sont Mombasa et Zanzibar. Donc, tant que le problème persiste, nous nous concentrerons davantage sur le côté est et le côté sud du continent », a-t-elle ajouté.
En raison du soutien avéré du Rwanda aux M23, la République Démocratique du Congo a interdit l’accès à son espace aérien à tous les aéronefs immatriculés ou opérant depuis le Rwanda. Cette mesure radicale vise à restreindre les mouvements des aéronefs rwandais et à renforcer la sécurité nationale.
Cette décision intervient alors que les relations entre les deux pays continuent de se détériorer, exacerbées par les affrontements entre les forces armées de la RDC et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, qui contrôle les villes de Goma depuis le 27 janvier et de Bukavu depuis le 15 février.
Déjà en juillet, la RDC accusait le Rwanda de brouillage du GPS de ses vols. « Ces actes compromettent gravement la sécurité du transport aérien civil et mettent en danger les missions humanitaires essentielles », a déclaré Kinshasa, qui affirme avoir observé des interférences dangereuses dans les systèmes GPS des avions.
Selon la RDC, ces perturbations seraient causées non seulement par des brouillages, mais aussi par des usurpations d’identité numérique via de fausses adresses IP. Elles affecteraient des zones de vol de la province du Nord-Kivu, où les combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda se poursuivent.




















































