Lors d’un point de presse tenu le week‑end dernier au siège de son parti ENVOL, l’opposant politique Delly Sessanga a dénoncé un « business de la guerre » en RDC.
Selon le candidat à la présidentielle de 2023, les crédits alloués à la défense et à la sécurité depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019, ont atteint une somme 13,65 milliards de dollars sans produire « d’amélioration visible » sur le terrain.
Dans son harangue, le président d’ENVOL a d’entrée condamné l’agression dont la RDC est victime, tout en fustigeant, avec la même intensité, les « défaillances opérationnelles » du gouvernement dans la conduite de la politique de sécurité nationale.
« Ni la guerre, ni la menace extérieure ne peuvent servir de refuge à l’irresponsabilité, ni de prétexte à l’effacement des exigences démocratiques » a‑t‑il lancé appelant à ne pas confondre « défense de l’intégrité territoriale et impunité pour la corruption au sommet de l’État ».
Delly Sessanga a rappelé que, depuis 2021, le Chef de l’Etat a instauré l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cependant, malgré ces mesures les villes stratégiques comme Goma et Bukavu sont tombées à nouveau sous l’emprise d’acteurs armés dont le M23, sans rétablissement durable de la sécurité.
L’ancien député national a aussi révélé une hausse vertigineuse du budget national consacré à la sécurité et à la défense.
« Les budgets de la sécurité et de la défense ont connu une hausse vertigineuse. Plus de 30% du budget national est aujourd’hui orienté vers la sécurité et la défense. La guerre a un coût dont on ne vous parle pas. De 2019 à 2025, depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir, les crédits consacrés à la défense et à la sécurité nationales ont atteint le chiffre vertigineux. Ce gouvernement a dépensé pendant cette période 13,65 milliards de milliards dollars », a-t-il affirmé.
« Pour quels résultats ? Les 13 milliards n’ont pas amené une amélioration décisive sur le terrain. Pas de renforcement visible de l’outil de défense. Pas de sécurisation durable des populations. Où sont passés tous ces moyens engagés dans le cadre de la défense, la sécurité et la guerre ? À qui profitent ces finances de la guerre s’ils n’ont pas aidé à renforcer nos capacités opérationnelles et à recouvrir l’intégrité de notre territoire national ? La situation pourrait bien cacher un business de la guerre que je dénonce et le peuple a le droit de savoir désormais qu’est-ce que son gouvernement met dans cette guerre et comment est-ce que ses moyens sont dépensés », a-t-il ajouté.
Pour Sessanga, la persistance d’une logique de guerre profite politiquement au pouvoir en place, qui, selon lui, utilise la situation sécuritaire comme « écran ou refuge » afin d’éviter les débats politiques et l’obligation de reddition de comptes.
Dans cette logique, il a mis en garde contre l’usage de l’état de guerre comme prétexte pour retarder ou entraver la tenue des élections prévues par la feuille de route de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
Il a rappelé que le mandat présidentiel actuel arrive à son terme dans moins de 1 000 jours et que la convocation des élections figure dans le calendrier électoral.
« Au lieu de préparer l’alternance démocratique, le pouvoir entretient la diversion et la distraction permanente. Mais nous disons qu’ils doivent arrêter d’instrumentaliser la guerre à des fins politiques. La guerre ne doit pas devenir un prétexte pour retarder les élections de 2028. Elle ne doit pas servir d’alibi à la confiscation de la démocratie par une clique qui veut se maintenir au pouvoir », a conclu Delly Sessanga.















































