Malgré un premier plan de relance de 33 millions de dollars américains, la compagnie aérienne nationale, Congo Airways peine à reprendre son envol.
Selon les résultats d’une enquête mixte rendus publics après une mission diligentée en décembre 2025, des dysfonctionnements profonds menacent la viabilité de l’entreprise et exposent l’État actionnaire à des risques importants.
Composée de l’Inspection Générale des Finances (IGF), du Conseil supérieur du portefeuille et de l’Autorité de l’aviation civile, la mission avait pour mandat d’examiner les accusations portées par un collectif d’agents de la compagnie et d’évaluer la régularité, la conformité et la performance de la gestion administrative, financière et opérationnelle de Congo Airways.
Au terme de cette enquête, le triumvirat IGF, CSP et AAC, a présenté des conclusions accablantes. En effet, révèle le rapport final, malgré les efforts entrepris dans le cadre d’un plan d’urgence financé sur instruction gouvernementale depuis septembre 2023 et évoqué à nouveau en juin 2024, les problèmes structurels persistent.
« Congo Airways demeure confronté à des graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable. Cette détérioration de la situation fait peser sur l’État actionnaire des risques juridiques, financiers et opérationnels élevés », a déclaré le président Tshisekedi lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi dernier.
En l’absence d’une planification rigoureuse et d’un renforcement substantiel de la gouvernance, le Chef de l’Etat estime cette situation pourrait compromettre le processus de renouvellement de la flotte aérienne récemment acquise par la Caisse nationale de Sécurité sociale. Il d’ailleurs exigé toute la lumière sur les modalités d’acquisition des financements et des capitalisations au sein de Congo Airways.
Par ailleurs, Félix Tshisekedi a mis en avant le non-respect, par l’État, de certaines obligations financières envers la compagnie. Or, a-t-il souligné, le paiement des droits dus par l’État est une condition sine qua non pour permettre à Congo Airways de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance.
« Il est également attendu que l’État congolais s’acquitte de ses obligations financières envers cette entreprise en procédant au paiement des droits dus afin de lui permettre de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance », a-t-il indiqué.
Face à ces constats, le président de la République Félix Tshisekedi a mandaté Jean-Pierre Bemba, les Doudou Fwamba et Julie Shiku d’élaborer, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, un plan de relance actualisé, réaliste, assorti d’un encadrement financier strict intégrant les mécanismes de contrôle interne, de conformité réglementaire, d’audit des ressources humaines et de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire.
Le président Tshisekedi a également appelé à une restructuration profonde de la gouvernance managériale de Congo Airways pour restaurer la discipline de gestion, renforcer la responsabilité des dirigeants et améliorer la transparence des décisions.
Ces mesures définiront un modèle de gestion fondé sur la performance, la soutenabilité financière et l’efficacité opérationnelle, garantissant la viabilité à long terme de la compagnie, sa compétitivité sur le marché et la préservation des intérêts stratégiques de l’État.
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