Le candidat président de la République aux scrutins de 2023, Moïse Katumbi a fermement rejeté toute tentative de changement de la Constitution.
Dans une déclaration publiée ce vendredi 27 mars, l’opposant a rappelé son engagement en faveur de la préservation du texte constitutionnel et a invité la population congolaise d’être « éveillée pour dire non au changement constitutionnel ».
Le président du parti Ensemble pour la République a brandi l’article 64 de la Constitution pour servir de protection et appelé les Congolais à « se défendre, corps et âme » afin d’empêcher toute modification.
L’opposant a également critiqué la gestion du pays par le pouvoir en place, dénonçant « l’utilisation de l’intelligence pour la destruction » plutôt que pour le développement.
« Aujourd’hui, nous avons ce que j’appelle les professeurs de malheur. Au lieu d’utiliser leur intelligence pour le développement du pays, ils veulent l’utiliser pour la destruction de notre pays. Soyons prêts », a-t-il lancé.
Katumbi estime que les difficultés actuelles du pays notamment les routes dégradées, le faible salaire des fonctionnaires, l’insécurité alimentaire à Kinshasa et dans d’autres provinces, ainsi que les conflits dans l’Est ne résultent pas de la Constitution mais de problèmes de gouvernance et de l’organisation des élections « chaotiques ».
« L’article 64 est là pour nous protéger. Nous devons nous défendre, corps et âme, pour qu’on ne touche pas à notre Constitution. Ce n’est pas la Constitution qui permet la mauvaise gouvernance qui est dans notre pays aujourd’hui. Ce n’est pas à cause de la Constitution que nous n’avons plus de route. Nous avons la meilleure Constitution du monde. Ce n’est pas à cause de la Constitution que les fonctionnaires de l’État sont très mal payés. Ce n’est pas à cause de la Constitution que les enfants à Kinshasa meurent de faim dans toute la République et dans les autres provinces. Ce n’est pas à cause de la Constitution qu’on ne donne pas de l’emploi à mes frères et sœurs congolais. Disons non à ce changement constitutionnel », a-t-il argué.
Moïse Katumbi a par ailleurs pointé du doigt les dépenses publiques excessives, des voyages inutiles », alors que la population « continue à souffrir ».
S’adressant directement au président Félix Tshisekedi, Katumbi a rappelé leur engagement passé commun contre une précédente tentative de modification constitutionnelle.
Pour lui, un éventuel changement constitutionnel initié par le chef de l’État constituerait « une trahison pour la population congolaise ».
« Nous avons combattu ensemble contre le changement de la Constitution et nous avons cheminé ensemble pour qu’il puisse y avoir la première alternance dans notre pays. Pensez aux souffrances de la population. Nous n’allons jamais accepter un changement de la Constitution. Surtout, si ça venait de vous, ce serait une trahison pour la population congolaise », a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, l’ancien gouverneur du Katanga a plaidé pour un dialogue inclusif comme voie pour restaurer la paix.
Cette prise de parole fait suite à la position assumée de l’Union Sacrée de la Nation, famille politique de l’actuel Chef de l’Etat et majoritaire au parlement, en faveur d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi alors que la constitution n’en prévoit que deux quinquennats.
Dans ce contexte, les pro-Tshisekedi prônent le changement pur et simple de cette constitution en vigueur depuis 2006 soulignant que celle-ci a démontré ses limites car n’étant plus adaptée aux contextes du moment.















































